‹ Études sur les tragiques grecs [microform]Chapitre 788 sur 893 · Hhel.y · texte numérisé non relu

Hhel.y

7. Voyez sur la lenteur qu il met à les reconnaître, une judicieuse expiicaiioii de M. Rossignol, ibid., p. 7.

Grecs, et qu'en route pour Ilhaque, sa patrie, les vent»

contraires l'ont jeté sur ce bord, absolument comme euxmêmes. En retour, il apprend d'eux vers quelle contrée,

chez quel peuple barbare, dans la demeure de quel monstre, avide du sang des hommes, son mauvais sort l'a conduit. Il n'y a là qui déroge, et agréablement, à la dignité

tragique que ce trait de dialogue :

« De quoi vivent-ils ? des fruits de Cérès ? — Non : de lait, de fromage, de la chair de leurs troupeaux. — Mais le breuvage de Bacchus, le jus de la vigne, le possèdent-ils ? — Point du tout : c'est un bien triste pays' ! »

Ulysse, pressé de repartir (le Cyclope qui est à la

chasse pourrait revenir d'un moment à l'autre), demande qu'on lui vende quelques provisions, et il en offre un

prix qui charme Silène, et pour lequel ce divin ivrogne

donnerait de grand cœur tous les fromages, tous les troupeaux de Polyphème ; c'est une outre d'excellent vin

que le roi d'Ithaque tient de Maron lui-même, le fils de

Bacchus ^ Ce vin, avant de l'accepter en payement, il le

goûte et avec des transports de joie, une volupté, un enthousiasme exprimés très-plaisamment, trop plaisamment même ; car ici, comme souvent ailleurs, je l'ai dit plus d'une fois, la tragédie participant à l'ivresse de Silène

s'égaye plus qu'il ne conviendrait, plus que ne le voudraient, selon notre sentiment du moins, le bon goût et la

décence^.

C'est le caractère de la scène suivante, dans laquelle,

en l'absence de Silène qui a été chercher les provisions

promises à Ulysse, les Satyres s'approchent du héros, et

lui adressent des questions sur cette guerre de Troie dont le bruit remplit tout l'univers. Plus d'une scène tragique a été faite sur ce texte, et par Euripide lui-même. Mais

on est jeté bien loin de la tragédie par les plaisanteries,

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