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le chœur des Satyres animait perpétuellement la scène de ce genre de drame.
Tout à coup le monstre aperçoit les étrangers, et auprès d'eux les provisions qu'ils allaient emporter, dos agneaux attachés avec des liens d'osier, des vases remplis de fromages : il les prend naturellement pour des voleurs. D'autre part, il remarque que Silène a le front rouge et gonflé : il suppose que ce fidèle serviteur a été battu en voulant s'opposer au larcin. Silène n'a garde de le détromper, bien au contraire ; et quand le Gyclope, que ses faux rapports ont de plus en plus irrité, ordonne les apprêts de l'horrible repas qu'il médite, disant, en gastronome blasé, qu'il est las de gibier, rassasié de cerfs
et de lions, que depuis bien longtemps il n'a pas mangé de chair humaine. Silène va jusqu'à l'encourager à ce
changement de régime. On le voit, le ministre de Bacthus n'est pas plus flatté dans cette pièce que, dans les Grenouilles d'Aristophane, Bacchus lui-même : il y est représenté comme un ivrogne, un poltron, un efi'ronté
menteur, qui veut se tirer d'afl'aire aux dépens d'autrui ; il risquerait fort de révolter, si, dans la naïve expression de ses goûts sensuels, de sa lâcheté, de son désir de se sauver à tout prix, ce n'était la gaieté qui dominait.
Contredit par Ulysse, Silène, après maint serment ridicule et sans révérence pour les dieux, invoque le témoignage de ses fils, qui le lui refusent en honnêtes gens; les Satyres, c'est le chœur, et dans le drame satyrique aussi bien que dans la tragédie, le chœur est toujours du parti de la vérité et de la justice. Au reste et Silène et les Satyres font tour à tour usage d'une forme de serment tiès-bouffonne; ils consentent, si on peut les convaincre de mensonge, à la mort, l'un de ses chers enfants*, les autres de leur père bien-aimé^ Entre leurs assertions
contraires, le Cyclope est bientôt décidé; il en croit celle qui se trouve d'accord avec ses apDétits féroces j les