Cf. Hom., ibid., 226 sqq
Polyphème, exemple frappant de la gaieté spirituelle, et aussi, pour tout dire, de la grossièreté hardie qui se rencontraient, qui se touchaient dans les productions, si étranges pour nous, du drame satyrique :
« La richesse, mortel chétif, voilà le dieu des sages: tout
le reste n'est que paroles sonores, expressions pompeuses et vides. Que nie font ces temples des rivages, consacrés à mon père ? qu'avais-tu affaire d'en parler? Pour la foudre de Jupiter, je ne la crains point, étranger. Je ne sache pas, vraiment, que Jupiter soit un dieu plus puissant que moi : enfin je ne m'en soucie point •. Et pour.iuoi ? tu vas le savoir. Quand il fait tomber la pluie, je trouve sous cet antre un abri sûr, et là, paisiblement étendu, je gorge mon estomac des chairs rùlies d\m veau ou de quelque bête sauvapre; je
rarrose par intervalles d'une pleine amphore de luit, faisant
retentir, à Tenvi des foudres célestes, le bruit de mon
tonnerre *. »
On ne peut rapprocher de ce dernier trait que l'explication donnée par le Socrate d'Aristophane, au stupide Strepsiade, du phénomène de la foudre*. Les deux poètes sont d'accord, cette lois, pour mettre de côté toute délicatesse. Ce trait, qui a justement révolté le goût de Voltaire*, je n'ai pas cru, quelque repoussant qu'il soit, le
devoir omettre ; il est caractéristique ; il montre que nonseulement l'impureté, nous l'avons vu et le reverron?, mais l'ordure étaient comme les assaisonnements reçus d'un genre, destiné à délasser du spectacle tragiqu», avec les honnêtes gens, le brutal populaire,
Rusticus urbano confusus, turpis honesto ;
d'un genre que son nom seul, et la présence obligée d personnage sans pudeur, sans vergogne qui le lui donnait, invitait, autorisait à tout oser; d'un genre enfin qui, comme la comédie, couvrait ses licences, même les plus