‹ Études sur les tragiques grecs [microform]Chapitre 794 sur 893 · letam.j XIV, 154 sqq · texte numérisé non relu

letam.j XIV, 154 sqq

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devoir ajouter. Euripide, avec moins de goût, mais peutêtre selon les convenances du drame satyrique , qui se plaiî<ait à amuser les imaginations de merveilles * monstrueuses et parl'ois grotesques, a rapetissé la scène par un long détail de la façon dont s'y prend pour tuer, dépecer, cuire et rôtir ses victimes, celui qu'il appelle, ce mot résume l'esprit du morceau et en contient la critique, le cuisinier de Pluton*.

Euripide se tient plus près d'Homère dans le reste du récit, quand Ulysse, après avoir peint vivement le désespoir et l'effroi de ses compagnons, raconte quelle résolution lui ont inspirée les dieux et de quelle manière il a déjà commencé de la mettre à exécution ^ Offrant au Gyclope ravi coupe sur coupe de ce vin délicieux dont tout à l'heure il faisait fête à Silène, il va l'amener par l'ivresse au sommeil, et alors, s'armant d'ua pieu énorme, trouvé dans la caverne, dont il aiguisera et durcira au feu l'extrémité, il crèvera l'œil du monstre. Cette confidence faite aux Satyres, auxquels, ainsi qu'à leur père Silène, l'entreprise hardie d'Ulysse doit rendre la liberté, le héros rentre dans la caverne.

On avait quelque droit de s'étonner qu'il en fût sorti si librement. Le Gyclope d'Homère, qui ne s'y retire jamais sans en fermer l'entrée avec un rocher que nulle force humaine ne pourrait ébranler*, garde plus soigneusement ses prisonniers. Euripide, qui avait certainement conscience de cette invraisemblance nécessaire, semble avoir été au-devant d'une autre qu'on aurait pu être tenté de lui reprocher, en prêtant à Ulysse ces généreuses paroles :

« Je n'abandonnerai pas mes amis, pour me sauver seul,

comme je pourrais le faire, étant sorti de Tantre. Il ne serait

pas juste de fuir sans eux des dangers où je les ai conduits ^ >' 1. Voyez V. 375.

'i Cf. Hom., Odyss., IX, 318 sqq.

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