V. 544 sqq
4. Voyez encore une ingénieuse note de Boissonade, ibid. , p. 359,
sur le V. 566.
LE CYCLOPE
comment on boit savamment, élégamment, de détourner, à son profit, une bonne part de la liqueur contenue dans l'outre*. Le Gyclope, pour sauver le reste, réclame les services d'Ulysse, qui achève de l'enivrer. La coupe qu'on lui présente, et où se plonge en quelque sorte le géant avide, lui semble un océan du((uel il s'échappe à la nage. 11 voit les cieux ouverts, et, au milieu de la cour de Jupiter, les Grâces qui lui font des agaceries *. Mais il n'a garde d'y répondre ; ses tendresses grotesques sont pour îSilène son favori, qu'il embrasse à l'étouffer. Je n'oserais dire à quels excès s'emporte ici le drame satyrique, combien il dépasse les limites de la plaisanterie décente, recommandée depuis par Horace à cette tragédie
égayée.
ElTulire levés indigna tragOBrlia versus Intererit Satyris paulum piidibunda protervis'.
Ulysse rentré, comme Polyphèma, dans la caverne, après de vifs et pressants appels à l'assistance des dieux, en ressort bientôt pour annoncer aux Satyres que le Gyclope est endormi, le flambeau allumé, la vengeance prèle,
qu'il n'attend plus que leur aide, souvent et solennellement promise. Ici se place une péripétie bouffonne. Les Satyres, jusqu'alors si courageux en paroles, reprennent subitement leur caractère; ils ne se disputent plus à qui marchera le premier, mais à qui ne marchera point
du tout '••, ils sont bien loin ; ils sentent leurs jambes qui
leur manquent, leurs yeux qui se remplissent comme de sable et de cendre ; ils sont émus d'une tendre compas-
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1 Un bas-relief antique donné par Zoëga {Bassml, 69) , et qui semble à Welcker {ibid., 3^8) se rapporter aux inspirauons du drame sa-
tvHqi'e, r.pré^nte un Satyre vidant furtivement la coupe d Hercule. Plusieurs siènes semblables se voient p.rmi les riionuments rassembles nar M Guigniaut dans le iv« volume de ses Relujtons de VanUqmte, El. cLxxv, 6S3-; cxcii, (83. Hercule, frustré de son repas est au nom Ere des sujets rebattus, qu'Aristophane se vante {Vesp., 60) de ne pas
reproduire.
3* Évist. ad Pisones, v. 231 sq.