SpaDheim, ibid
LE CYCLOPE
que, si Ton peut croire raisonnablement à l'existence do ce genre dans la littérature, soit latine, soit grecque, des Romains, on n'est nullement en droit de l'affir-
mer.
Quelque chose me l'atteste cependant; c'est que, dans Tespèce de traduction, faite sous les empereurs, de tout le
théâtre tragique des Grecs par la pantomime *, la tragédie enjouée, le drame satyrique avait certainement sa place. Des vers d'Horace * nous font assister à un Gyclope, traduit probablement d'Euripide par le geste animé, expressif, varié, suffisant à. toutes les situations, à tous les personnages de la pièce, à Polypbème et aux Satyres tout à la fois, ou de Pylade ou de Balhylle.
Il est, au reste, facile de comprendre comment le drame salyrique n'ayant pu retrouver à Rome le sens, l'intérêt, la valeur qu'il avait à Athènes, les ouvrages de cette sorte, traduits ou imités par des poètes latins, ont du disparaître bien plus facilement encore et plus complètement
que leurs originaux grecs.
Chez les modernes, il ne pouvait être question, en aucune manière, de drame satyrique, et c'est par l'effet du hasard que le caprice des écrivains en a quelquefois reproduit comme l'analogue ; par exemple , lorsque Shakspeare, je l'ai déjà dit S a présenté, sous un aspect ^i familier, les grandes figures de l'Iliade; lorsque à l'e.xemple de la tragi-comédie espagnole, Quinault et les
autres fondateurs de notre Opéra ont opposé à la partie héroïijue de leurs œuvres une contre- partie comique, bouffonne même, quelque chose qui rappelait le mélange des Satyres avec les dieux et les héros ; ou bien encore lorsque la Comédie italienne s'est amusée si souvent à mettre en présence des personnages fameux delà fable et de l'histoire,