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JUGEMENTS DES CRITIQUE
nations Dou (Tonnes qu'offrent, au premier abord, ses compositions, ce bon scn 5 satirique qui s'y cache, comme pour inviter à le chercher, nous serons moins sévères ou plus justes, et nous recueillerons dans ses comédies les censures rigoureuses, mais raisonnables, qu'il a osé porter contre les grands poètes dramatiques ses contemporains, et qui, pour être présentées sous cette forme tranchante et avec cette exagération que commandait l'esprit de l'ancienne comédie , n'en doivent pas moins être regardées comme l'expression du goût public d'Athènes. Quand nous voulons savoir ce que pensaient nos pères
des ouvrages qui paraissaient de leur temps, et qui sont venus jusqu'à nous, nous recherchons les journaux d'alors, croyant trouver en eux les interprètes naturels de cette opinion que nous désirons consulter. Une telle ressource nous manque quand il s'agit d'interroger le goût des anciens Grecs, qui n'avaient point de journaux. Mais heureusement les sentiments du public trouvaient à Athènes un autre organe, dans la liberté que permettaient à la comédie les mœurs démocratiques, et qui, s'attaquant sans contrainte à tout ce qui semblait le plus respectable
dans FEtat, aux juges, aux généraux, aux orateurs, à ceux qui administraient et gouvernaient sous le nom du peuple, et, ce qui est plus fort, au peuple lui-même, no devait certainement pas avoir pour les poètes chargés de le divertir plus de ménagement.
Cette irrévérence révolte La Harpe, qui y voit un grave attentat contre la dignité de la littérature : « On doit s'étonner, dit-il très-sérieusement * au sujet de la comédie des Grenouilles, qu on ait laissé représenter une satire contre
deux* écrivains illustres, qu'Athènes admirait et qu'elle
venait de perdre. » Cet étonnement rappelle celui do Voltaire, qui ne pouvait non plus comprendre que le gouvernement n'interdit pas la représentation d'une parodie de Sémiramis, dont il était ^ort chagriné, et qu'il parvint,