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2. 11 eût été plus exact de dire « un écrivain ». Il n'y a dans celle pièce de véritablement attaqué qu'Euripide >
SUR LA TRAGÉDIE GRECQUE. 321
|e crois, par lactivité de ses démarches, à faire enfin
supprimer. Il faut être bien spécialement de son siècle et
de son pays, pour ne pas entrer plus avant dans l'esprit
des mœurs antiques que n'y entre La Harpe, en parlant
d Aristophane, qu'il prétend juger. Les Athéniens trouvalent tout simple ce qui le surprend si fort. On ne voit pas que les hommes d'État, joués par les poètes comiques, les aient accusés, en justice, de calomnie et de diffamation ; Socrate, cet homme vertueux, souffrit sans se plaindre qu'on le traduisit sur la scène, comme le repré-
sentant des sophistes; il fit plus, il s^arausa, dit-on, lui-
même, avec ses concitoyens, de cette peinture qui lui
ressemblait si peu, mais qui ressemblait à bien d'autres.
Lorsque la satire morale et politique était de droit commun, il n'est pas bien surprenant qu'on ait autorisé la satire httéraire. Euripide, je n'en doute pas, malgré quelques mouvements d'impatience, qui se sont trahis dans ses tragédies elles-mêmes ' , se résignait de meilleure grâce que Voltaire à l'impertinence des parodistes; il était trop Athénien pour ne pas accorder volontiers à la
jalousie populaire ce léger dédommagement de l'admira-
tion qu'il lui arrachait.
On répète souvent que la haine est aveugle ; elle est
aussi quel.juefois très-clairvoyante. Personne n'a plua
finement démêlé les secrètes imperfections des compositions d'Euripide qu'Aristophane, qui les cherchait avec toute la sagacité d'un critique et tout le zèle d'an ennemi Ses raisonnements subtils, ses fausses maximes, les peintures séduisantes qu'il trace d'égarements coupables, l'abus qu'il fait du pathétique, les moyens matériels et
peu dignes de l'art par lesquels trop souvent il excite la
pitié, la négligence imprévoyante de ses plans, la mollesse
de sa poésie et de son stjle, rien de tout cela n'échappe
à la vue perçante d'Aristophane, qui ne se croit pas oblicré
d'apercevoir les beautés, ou du moins de les célébrer (il les
connaissait; il était même accusé, et no s'en défendait «