‹ Études sur les tragiques grecs [microform]Chapitre 816 sur 893 · W. Schlegel · texte numérisé non relu

W. Schlegel

2. Voyez, chez Aristophane, outre les passages qui viennent a'ôire cités, sur Eschyle: Acharn., 92 sqq., 890; Eqiiit., 836; Nuh.^ 525 sqq., 896sq(|., 1352 sqq.; Vesp., 592 sq.; Fax, 180; Av., 805 sq., \TM;Thesmoph., 134 sqq.; Lysistrat. , 188, 1^6, 711; Eccle^., 413.

Sur Sophocle: iVub., 2Ô3; Vesp., 592 sqii., 726 sq.; Fax.. G9G sqq.

Av., 100, 339, 1325; Ecdes.y 79 sqq., 585. Sur Kunpidé^Achnrn., 47 sqq., :^37 sq., 500, 5()9, 552, 567 sa., 839, COO sq ; Equit., 16, 814, 1238, 1246, 12^8 sq., 1288 sq.; Nub., 882, 914, 1402, 1433;

Vesp., 61, in, 3'3, 726 mj , 769, 775, 1097, U3G; l'ax., 135 sq., 147 sq., 536 sq., 723; Ar . v09, 523, î}35; Thesmoph., 5, 87, 173, 177, 194. 272, 275, 383 sqq., 404, 413, 690 sqq., 776 sqq., 7S0 sqq , 849, 851 sqq., 1010 sqq. , ll3i sq.; Lysistr,, 156, (02; Plut., 601. Sur le style tragique en général- Av., 1230 sqq.: Ecoles., 1 sqq , 530; Vlut., 519. Dans ce relevé des critiques ou des parodies dont les trafiques ont fourni le sujet à Aristophane, il est très-peu question de

JUGEMENTS DES CRITIQUES

Aristote devait être à l'abri de pareils reproches. La passion ne peut se montrer dans ses jugements, (jui tous

ont l'art même pour objet. S'il s'occupe quelquefois des

artistes, ce n'est jamais dans le dessein de leur distri-

• Il

buer l'éloge et le blâme; c'est uniquement pour chercher

dans leurs compositions la confirmation de ses théories, ou pour en rendre, par des exemples, l'intelligence plus claire et plus facile. La poésie dramatique tient, comme on sait, une grande place dans sa Poétique, disons-mieux,

dans le fragment mutilé, ou dans l'extrait incomplet, ou encore dans l'ébauche imparfaite et confuse (on l'a considérée sous ces trois points de vue *) que nous en possédons. Il s'y applique surtout à pénétrer l'essence de la tragédie, et la connaissance de son but, que lui révèlent de concert l'expérience et la spéculation, le conduit à la vue nette et distincte de ses moyens; il en assigne le nombre avec cette hardiesse, cette audace d'analyse, qui avait osé compter toutes les formes possibles du raisonnement, et soumettre d'avance à son calcul les

inspirations de l'éloquence. On ne peut voir sans étonnement, sans admiration ce législateur de l'art, qui, em-

Sophocle, un peu davantaiiîe dEschyie, beaucoup, au contraire, dEuripide. La censure y est répartie absolument comme dans les Grenouilles. Sur la critique iinéraire dans Aristophane, on pourra consulter une dissertation, inséii'e sous ce titre, en 1845, dans les Mémoires de rAcadémie des sciences de To.;louse, par M. Hamel.

1. Outre les anciennes éditions savantes dj la Poétique d'Aristote, et particulièrement celle de God. Hermann, en 1802, voyez une remarquable thèse , Analyse critique de la poétique d Aristote, imprimée àCiei., et soutenue devant la Faculté des leUres de Paris, en 1836, par M. H. Martin. Voyez aussi, sur celte thèse, le Journal général de rimtruction publique, 17 avril 18*36, t. V, n° 49, p. 390. Quant aux

travaux nombreux dont la Poétique a depuis été l'objet, ceux de MM. Rilter, en 1839, Lersch, Duiitzer, en 18^0, Speiigel, en 1841,

Mommsen, en 1842, etc., on consultera avec fruit M. E. Eî?ger qui les

a tous résumés, discutés, et surtout complètes dans l'excellent volume OÙ il a joint, en 1849. à sa traduction et à son commentaire de la Poétique une Histoire de la critique ches les Grecs. Qu'il nous soit permis de renvoyer aussi aux comptes rendus de ce volume dans le Journal des Savants, cahiers d'octobre 18;>0, p. 577, do mai 1852, p. 30J Au risque de quelque! répétitions, je les reproduis, comme appendice, à la suite de ce cin.^uième livre. — En 1858, la Poétique a' Aristote a trouvé un nouveau traducteur, un nouveau commentateur de grande autorité dans M. Bartiiélemy Saint-Hilaire.

SUR LA TRAGliDlE GRECQUE. 355

brassant dans sa prévoyance les conceptions les plus variées de l'imagination, entreprend de soumettre à des lois

une faculté si active et si libre, et de lui fixer les limites qu'elle ne peut franchir. L'enceinte oi!i il la renferme n'est pas, je le crois, si resserrée et si étioite que l'ont faite, à

î'envi, les interprètes superstitieux, et aussi, dans un esprit

bien diflerent, les trop hardis censeurs d'un traité souvent obscur. De grands, de hasardeux, d'irréguliers génies s'y

sont trouvés à l'aise. S'ils ont renversé les barrières

qu'une critique étroite, qu'on disiiit aristotélique, opposait

à leur marche impétueuse, ils se sont arrêtés d'eux-

mêmes devant les bornes inébranlables posées par la

main d' Aristote. Je ne citerai point Corneille, venu dans un temps où la poétique des anciens faisait loi, et pour le pédantisme, qui en répétait servilement la lettre, et pour le génie, qui, plus librement, en pénétrait, en développait l'esprit, en appliquait les principes. Je citerai de préférence des poètes, des critiques (on peut leur donner ce double titre), considérés comme d'audacieux novateurs,

Lessing et Schiller. Voici comme parle le premier *4^r-

« L'idée que je me suis formée de la poésie tragique est

la même , absolument , qu'Aristote avait extraite des

innombrables chefs-d'œuvre du théâtre grec. Je n'hésite pas à reconnaître que je considère sa Poétique comme un ouvrage non moins infaillible que les éléments d'Euclide. Les principes en sont tout aussi vrais, tout aussi certains, seulement un peu moins faciles à saisir, et par consé-^^ quent plus sujets à la chicane. Je me fais fort de prouver

que la tragédie ne peut s'écarter d'un pas de la ligne

tracée par Aristote, sans s'écarter d'autant de sa pcrfee

tion véritable. « Ecoutons maintenant le second : « Ce

qu'Aristote exige du poëte, le poète l'exige de lui-même,

j)our peu qu'il sa'che ce qu'il veut : ce sont des conditions inhérentes à la nature des choses...' » Les apologistes les

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