Port., X II, XIV
2. Voyez sur les rapports de la Poétique d'Aristote avec les monu meuts de la tragédie grecque, en dernier lieu, outre le livre do
M. Eg^'er, rappelé plus haut, page 324, note 1, ladisserlation déjà souvent cuée de M. E. Roux: Essai sur le merveilleux dans la tragédie grecque, 1846, particulièrement pages 51 etsuiv.
330 JUGEMENTS DES CRITIQUES
J*ai parlé ailleurs* des pièces où des auteurs du même ûge comique qu'Aristophane, Phérécrate et Phrynichus, avaior.t, avantlui, enmême temps que lui, célébré le génie d'Eschyle, le génie de Sophocle, non, très-probablement,
sans dédommager comme lui leur malignité de ces témoignages d'admiration, aux dépens d'Euripide. D'autres encore durent faire de même : on le sait de Platon, le
comique^; on le soupçonne de Sfrattis', dontlaMédée, les
Myrmidons, le Philoctète, les Phéniciennes, le Troïle, le Chrysippe, ne pouvaient guère être que des parodies dirigées surtout contre Euripide. Ce genre de moquerie, fréquent chez Aristophane et dans tout ce qui nous reste de J'ancienne comédie, par lequel elle s'attaquait librement, et aux traditions de la fable et surtout aux images qu'en
exprimait la poésie, devint pour la comédie moyenne, dont
la sévérité des lois avait si fort restreint la liberté, roccasion
spéciale d'un grand nombre de pièces MJn savant d'Alexandrie, Antiochus, a consacré tout un livre à la revue des poètes ainsi traduits en ridicule parla comédie moyenne\ C'était particulièrement aux poètes tragiques qu'elle s adressait, et non-seulement à ceux du temps, par exemple à Denys de Syracuse, dont les prétentions dramatiques et les faux succès excitèrentjustementlaverve vengeresse d'un Ephippus, d'un Eubulus^; mais, par une sorte de justice
ou de rancune rétroactive, à des tragiques de l'âge précédent, et de préférence encore à celui dont les œuvres
provoquaient le plus la censure, dont le génie était le plus
contesté, à Euripide. On ne peut regarder comme une
attaque contre Eschyle, on doit plutôt prendre pour un hommage indirect à la gloira du vieux poète, cette pièce où
Tiraoclès fit un usage si bouffon et si spirituel des grandes
scènes de ses E umé nicles "^ .Mdiîs ce qui chezEubulus, chez