‹ Études sur les tragiques grecs [microform]Chapitre 820 sur 893 · L'Autoclide-Oreste. Voyez noire t. I, p · texte numérisé non relu

L'Autoclide-Oreste. Voyez noire t. I, p

SUR LA TRAGÉDIE GRECQUE

Antiphane', se rapporte au souvenir d'Euripide, n'a pas certainement le même caractère. Il est dit dans l'argument grec de ÏAlceste d'Euripide, que le dénoûment de cette pièce, dénoûment heureux, joyeux même, celui de VOnste^

de nature à peu près semblable, avaient été tournés en

ridicule, comme étrangers à la tragédie, par les poètes

comiques-. Un savant et judicieux critique^ ne doute pas

que cette censure ne se trouvât dansl'Alceste d'Anliphane.

Au nombre de^ personnages immolés par la comédie moyenne était l'admirateur^fanatique d'Euripide, le Phileuripicle. Axionicus donna une pièce sous ce titre que reproduisit, en tète d'une de ses compositions, Philippide, poète de la nouvelle comédie \ Les choses alors étaient bien changées; l'art comique avait abandonné la satire littéraire

pour la peinture des mœurs générales delà société, et, loin

de plaisanter d'Euripide, il lui rendait hommage par la

bouche de Diphile et dePhiléraon'; si toutefois leurs paroles ont bien le sens qu'on leur donne, si elles sont l'exprcssion de leur propre sentiment, s'il n'y faut pas voir encore des saillies d'admiration folle prêtées, comme chez Axionicus, chez Philippide, à quelque personnage de comédie, à quelqueei/npi^omo»^. Un tel hommage était d'ailleurs bien naturel à l'égard d'un poète dont le temps avait enfin consacré la renommée, qui était à son tour devenu un ancien, et que la comédie nouvelle, auxpeintures de laquelle

il avait ouvert la voie, pouvait à juste titre regarder comme

son précurseur ^

Combien on doit regretter d'être réduit, sur ce point intéressant de l'histoire littéraire, à de si rares et si incomplètes indications ; de ne point posséder, en plus grand

nombre, des vers tels que ceux où Antiphane ■^, comparant

malignement à la comédie la tragédie, trouvait celle-ci bien heureuse de recevoir ses sujets de la tradition, tout préparés ; de n'avoir point à les inventer, presque à les dis-

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