Vovez t. III, p. 210 sq., 269 sq
* 3. Meineke, ibid., p. 323.
4. Id., ibid., p. 287, S'il, 417, 474. — 5. Voyez t. 1, p. 54. 6. Voyez t. I, p. 5'^. —7. Athen., Deipn., VI.
332 JUGEMENTS DES CRITIQUES
poser; d*être dispensée par la notoriété publique de tous frais d'exposition, et de pouvoir compter, dans ses embarras, sur la ressource commode des dénoûments à machine: des vers tels que ceux où Timoclès* expliquait, à. peu près
comme l'a fait depuis Marc Aurèle ^, mais non sans ironie,
je crois, quelle est l'utilité morale de la tragédie. Je vais
traduire ces derniers, me réservant de donner un peu plus
loin la traduction des autres.
« Écoule, mon cher, ce que j'ai à te dire et que tu jugeras
peut-être raisonnable. L'homme est un animal malheureux
de sa nature, auquel la vie apporte nécessairement bien des peines. Or il y a trouvé le soulagement que voici. L'esprit, se détournant de ce quiTafTecte pour s'amuser des allections d'autrui, en reçoit à la fois du plaisir et de rinstruction. Vois, je te prie, les acteurs de tragédie, combien ils sont utiles à tous. Le
pauvre, considérant que Télèphe est plus pauvre encore que
lui, endure plus facilement sa misère. Au maniaque s'offre
utilement la folie d'Alcméon ; à l'aveugle, l'aveuglement des fils de Fhinée. Cet homme a perdu son fils ; le spectacle de Niobé lui rend le cœur plus léger. Celui-ci est boiteux; il voit que Philoctète Testaussi. Enfin chacun venant à penser que ses propres maux ne sont rien auprès de ceux que d'autres ont éprouvés, est moins disposé à se plaindre du sort. ^^
Aux censures malignes, et, par exceptions bien rares, aux éloges de la comédie, succédèrent les travaux de la
critique, travauxinnombrables, immenses, commencés SOUS
les auspices d'Aristote. Aristote qui, en toutes choses, politique, philosophie, littérature, ]:)artait des données de l'expérience, et arrivait par Thistoire à la spéculation, s'était,
d'après cette méthode, préparé à traiter dogmatiquement, dans sa Poétique, de la tragédie, en faisant l'inventaire de toutes les compositions tragiques jusqu'alors connues^. Il
SUR LA TRAGEDIE GRECQUE