Epist, ad Pison.y v. 268 ^q. — 5. Institut. Orat.,\, I
SUR LA TRAGEDIE GRECQUE
ront le principal motif de la préférence que lui accordera
Quintilien.
Cicéron aussi avait loué les grands tragiques d'Athènes, comme de grands maîtres d'éloquence; lui-même
avait pris de leurs leçons, et ses ouvrages témoignent partout de sa reconnaissance et de son admiration. Mais,
plus réservé que Quintilien, il s'était abstenu de prononcer enti e de si grands génies, et avec un bon sens modeste, qui est la condamnation des décisions tranchantes de la critique, il leur avait accordé à tous trois, dans des
genres bien divers, un mérite à peu près égal K Du reste,
par la nature de son talent et les habitudes de son esprit,
il était porté à voir en eux, ainsi que Quintilien, plutôt
des orateurs que des poètes dramatiques. Quelquefois
cependant, c'est comme peintres des mœurs qu'il les considère ' ; il cherche dans les tableaux si vrais qu'ils ont
tracés du cœur de l'homme la confirmation de ses principes philosophiques, il les traduit dans des vers d'une poésie un peu sauvage, mais énergique et naturelle'; il
les commente, il les loue avec un enthousiasme quelquefois plus instructif que toutes les explications et tous les
commentaires. Les grands maîtres savent trouver pour
parler du beau une éloquence qui produit presque sur
notre esprit Teflet du beau lui-même. Leur admiration est
contagieuse; nouo croyons voir ce qu'il nous montrent; et nous le voyons comme eux. On peut juger à quel point
l'imagination de Cicéron était remplie des tableaux ravissants de la scène grecque, par lo passage que je vaisciter, et que j'emprunte à l'un de ces beaux préambules qu'à
l'exemple de Platon il plaçait en tête de ses dialogues philosophiques ^
Il a rassemblé ses interlocuteurs à Athènes, dans Icjar-
din de l'Académie. On s'entretient des idées que réveille