‹ Études sur les tragiques grecs [microform]Chapitre 838 sur 893 · Mil, t. IV, p. 228 sq. - 6 Ibid., t. ill, p. 228 sq · texte numérisé non relu

Mil, t. IV, p. 228 sq. - 6 Ibid., t. ill, p. 228 sq

7. Jbid., t. IL p. 146 sqq.; III ; 421 sqq. — 8. Ibid., t. II, p. 52 sqq 9. thid., t. IV, p. 228 sqq. — 10. /bîd., t. JII, p. 421.

M. !hid., t. II, p. 363 sqq. — l'i. Ihid , t. IV, p. 127 sqq.

13. Ibid , t. II, p. 208 scii. — 14. Ibid., t. II, p. 92 sqq.

SUR LA TRAGÉDIE GRECQUE

jouterai, grâce aux beautés nouvelles dont rcnrichissait Voltaire.

Si les premiers corrompaient le goût en défigurant par des intrigues puérilement romanesques, par des mœurs fausses, par un style déclamatoire et emphatique avec faiblesse, les fictions qu'ils empruntaient aux Qrecs ; Voltaire en imprimant à la marche de notre tragédie un mouvement plus rapide et plus entraînant, en élevant le langage et les situations de ses drames à une dignité plus soutenue, rendait les spectateurs qu'il enchantait par ces nouveautés séduisantes, tout à fait étrangers au génie de la tragédie antique, si calme dans son développement régulier, si familière et si naïve dans ses peintures. Aussi tomba- t-elle insensiblement dans le mépris le plus universel : il suffisait qu'une scène fût imitée du grec, pour qu'elle fût rejetée par les comédiens ; les auteurs se gardaient soigneusement de suivre des modèles si décriés, ou si rinstinct du talent, que ne peuvent enchaîner les préjugés de la foule, les y ramenait, ils avaient soin, pour réparer un moment de faiblesse, de les insulter dans leurs préfaces. Voltaire avait donné l'exemple de cette ingratitude et de cette légèreté, après l'éclatant succès de son Œdipe, dans lequel Sophocle cependant était bien pour quelque chose * ; et depuis, à un âge où la réflexion devait avoir fixé ses idées, il se permit, entre beaucoup

d'autres de même sorte, ces phrases dédaigneuses, résumé

exact de presque tout ce qui se disait et s'écrivait alors sur le théâtre grec :

« .... Ce serait manquer d*âme et de jugement que de ne pas avouer combien la scène française est au-dessus de la scène grecque, par l'art de la conduite, par l'invention, par les beautés de détail, qui sont sans nombre'-.... »

« Les belles scènes de Corneille et les touchantes tra-

1 Lettres sur Œdipe, 1719.

1. Dissertation sur la tragédie ancùnne et moderne, servant de

préface à Sémiramis, 1748.

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354 JUGEMENTS DES CRITIQUES

gédies de Racine remportent autant sur les tragédies de Sophocle et d'Euripide, que ces deux Grecs remportent sur Thespis ^... L'idée de cette situation est dans Euripide, mais elle y est comme le marbre est dans la carrière, et c'est Racine qui a construit le palais ^,... Je ra'i- / magine qu'Euripide serait honteux de sa gloire, qu'il irait / se cacher, s'il voyait la Phèdre et l'Iphigénie de Ra-

cine '. >' Ce mépris de l'antiquité était trop injuste pour être tout

à fait sincère. Son génie le lui reprochait en secret, et luimême l'expia par plus d'un désaveu public*. Mais toujours l'y ramenèrent, soit une déférence intéressée pour une opinion qu'il voulait ménager, soit la jalousie ombrageuse d'une gloire qui ne pouvait souffrir de rivalité, même

chez les anciens. Il eût suffi d'ailleurs, àpart les caprices

d'une sensibihté mobile, les calculs d'une vanité irritable, pour lui ouvrir cette fausse voie et l'y retenir, de l'esprit général An temps auquel lui-même ne pouvait rester étranger; de cet esprit si bien expliqué, dans un discours

que j'ai grand plaisir et grand intérêt à citer, par un trèsjudicieux et très- spirituel historien, non-seulement des révolutions de l'ordre politique et moral, mais des révolutions du goût^ ce Un des caractères distinctifs du dix-huitième siècle

fut une présorcption dédaigneuse, une conviction que tout

devait êtr. jugé de son propre point de vue, un aveuglc-

1 Dictionnaire philosophique, VQky auL Anciens et modernes,

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