‹ Études sur les tragiques grecs [microform]Chapitre 854 sur 893 · Gracœ tragœdiœ principum, ^schyli, Sophoclis, Euripidis · texte numérisé non relu

Gracœ tragœdiœ principum, ^schyli, Sophoclis, Euripidis

i.um ea quae supersunt, et genuina omnia sint et forma primitiva servata, an eorum familiis aliquid debeat ex ils tribui (insunt alla quaedam ad crisin tragicorum peitinentia, 1808.

3. Nombreuses dissertations publiées séparément à dater, je crois, de 1812, et rassemblées dans le recueil de ses Opuscules de 1827 à 1839. Elles ont toutes été citées, et souvent, dans ces Etudes.

4. Son ouvrage intitulé : Die Mschylische Trilogie Prometheus, et le.

supplément à cet ouvrage, 1824, 1826; deux volumes dont l'un renferme, sur les trilogies en général, des idées nouvelles qui ont fort

agité la critique allemande, et l'autre, outre quelques explications,

quelques additions, un traité complet du drame satyrique chez les

Grecs. J'ai fait à ces deux excellents volumes bien des emprunts, notamment, 1. 1, p. 26 sqq.; IV, 273 sqq. En 1839-1841, dans un nouvel ouvrage, non moins remarquable par la science et la sagacité : Dte griechîsche Tragoedienmit Rikksicht auf denepischen, Cyclus geordnet. M. Welcker a rapporté toutes les tragédies grecques connues aux épopées d'où elles étaient tirées, el a rapproché sous ce rapport un certain nombre de compositions d'Eschyle, de Sophocle, d'Euripide.

5. Histoire de la littérature grecque jusqu*à Vépoque d'Aleœandre le Grand, en anglais, Londres, 1840, en allemand, Breslaw, 1841. M. K. Hillebrand, professeur de littérature étrangère à la Faculté des lettres

de Douai, que sa nationalité première et ses études ont de bonne heure rendu familier avec les produits si nombreux, si divers, souvent si peu

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Introduit en France, je Tai dit, dès 1814, et malgré ce qu'il avait de blessant pour nos sentiments et nos idées, peut-être à cause de cela même, accueilli avec beaucoup de curiosité et d'intérêt, l'ouvrage de Schlegel y aida puissamment à une révolution commencée depuis quelques années

déjà dans notre manière de considérer, d'apprécier les tragiques grecs.

Un nouveau siècle avait commencé, qui, réparant les

ruines faites par le siècle précédent, était porté à juger avec quelque sévérité sa philosophie, sa politique, sa littérature Hjême et ses principes de goût. Ce penchant des esprits et probablement aussi les invitations d'un pouvoir intéressé à le favoriser, engagèrent un critique de ce temps, qui s'occupait avec un grand succès de l'analyse quotidienne despro-

ductions dramatiques, dans une guerre très-vive et trèshardie contre les tragédies, naguère si adorées, de Voltaire.

Il s'avisa contre ellesd un moyen d'attaque dont il ne paraît

pas que son maître Fréron ait fait grand usage, non plus

que les autres adversaires de la littérature philosophique. A ce qu'il pouvait y avoir dans ces tragédies de trop roide, de trop factice, il opposa, c'était précisément le contre pied de la critique en crédit dans l'âge précédent, la simplicité, le naturel, la vérité des tragiques grecs. Bientôt, avec des intentions moins hostiles, il étendit ce genre de parallèles à

d'autres encore qu'à Voltaire, et ce qu'il avait commencé en

1800 par ses feuilletons*, il le compléta en 1808, par son

commentaire de Racine. Geoffroy portait dans des rapprochements de ce genre plutôt des souvenirs de collège, des

habitudes de théâtre, un bon sens spirituel, de piquantes

accessibles pour nous, de la critique allemande, en a donné récemment (septembre 1865, deux forts volumes in-8), une traduction qui sera fort utile à nos éludes françaises. Elles tireront également grand profit des notes courantes et des notes complémentaires, où le traducteur a expliqué, rectifié, conoplété par des rapprochements avec des travaux analogues, particulièrement en Allemagne, les idées de son auteur* ajoutons du morceau considérable par lequel s'ouvre Touvrage,

une Étude sur Otfried Mûller et son école. -On a rappelé, t I, p. 362

sqq., la traduction et le commentaire que Otfried Mûller avait donnés en 1833 des Euménides d'Eschyle.

1. On en a formé, sous le titre de Cours de liltéraiure dramatique,

un recueil imprimé deux fois, en 1819 el 1825.

SUR LA TRAGÉDIE GRECQUE

saillies, qu'un sentiment bien pur, bien élevé de la beauté

antique. Ce sentiment ne paraît guère, en effet, dans ses traductions, tantôt, quand il écrit un feuilleton, d'une grossièreté, d'une trivialité volontaires, afin de mieux faire ressortirpar le contraste la pompe officielle, ladignité convenue

de notre scène; tantôt, quand il commente Racine, de cette

élégance vulgaire dont il avait autrefois défiguré Théocrite. Aucun de ces deux styles n'atteste une intelligence bien intime du modèle. On doit le dire cependant, Geoffroy contribua beaucoup à répandre dans le public ces idées, nouvelles alors :que la tragédie grecque etla tragédie française,

malgré leur étroite parenté, ne sont rien moins que semblables ; que les différences qui les séparent, ne doivent pas nécessairement paraître chez Tune des défauts, chez l'autre des mérites; que, si nous avons, en certains points, la supériorité sur les anciens, il n'est nullement évident qu'ils ne nous surpassent pas eux-mêmes en quelques autres où la victoire est d'un grand prix; qu'on doit tenir compte, en les jugeant, précisément de leur qualité d'anciens, se garder de les condamner légèrement d'après une manière

de sentir, des mœurs, des convenances qui n'étaient pas

les leurs ; qu'en se plaçant dans leur point de vue, on

trouvera que, pour les beautés essentielles de Part qui

ne dépendent ni des temps et des lieux, pour les grands traits directement exprimés de la nature, ils sont souvent

incomparables. Une telle impartialité de jugement est

aujourd'hui chose ordinaire; mais il n'en était pas de

même à cette époque, et il faut en savoir beaucoup de

gré à Geoffroy, quand bien même la partialité choquante de Voltaire et de La Harpe l'aurait en grande partie produite.

Le sage esprit avait déjà présidé aux Considérations sur les trois grands tragiques de It Grèce, insérées dans les

Mémoires de la classe de littérature de l'Institut*, par Lé-

vesque, en 1798, et qu'il a depuis, en 1811, reproduites

dans ses Études de l'Histoire ancienne et de celle de la

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Grèce*. Il y avait indiqué judicieusement entre la tragédie

grecque et la tragédie française, particulièrement en ce qui regarde le développement de l'intrigue et l'effet moral de la fable, des différences fondamentales, qui s*opposent à la

parfaite justesse des comparaisons qu'on en peut faire et ne permettent pas surtout de leur assigner des rangs, comme on en a eu souvent la très-vaine prétention. Ces différences, il n'y avait vu, et avait conseillé de n'y voir, que des différences, sans en rien conclure en faveur de la supériorité, si évidente pour les esprits prévenus, si douteuse pour ceux qui ne le sont pas, d'une des deux scènes sur l'autre.

Deux écrivains dont les rares talents, dont les grands ouvrages ont honoré notre siècle, et chez l'un desquels nous révérions encore, il n'y a pas longtemps, le plus glorieux représentantdes lettres françaises, Mme de Staël, en 1^00'' Chateaubriand en 1802*, recherchant par des voies diverses quels changements, soit le progrès de la civilisation, la perfectibilité humaine, soit l'influence des idées chrétiennes, ont pu introduire dans la nature des sentiments et

dans la manière de les rendre, furent conduits à cette opinion, digne assurément de grande considération, qu'il a été donné aux tragiques modernes de pénétrer dans les secrets de l'âme plus intimement, plus profondément qu'on ne l'avait encore fait. Mais, en nous accordant cet avantage, ils

le rapportèrent uniquement à des circonstances plus heureuses, sans prétendre que les tragiques grecs eussent été au fond moins habiles que nous dans le grand art d'exprimer l'homme par le drame.

A un ordre analogue de vues appartiennent les chapitres ,

1. T. V, p. 46 sqq. J'ai eu plus d'une occasion de les citer; voyez t. I, p. 71, 116. ' ^

2. Delà littérature considérée dans ses rapports avec les institutions sociales; voyez l'« partie. 2«cfiapitre : Des tragédies grecques.

3. Génie du christianisme ; voyez liv. II, ch. vi ; La Mère, Andromaque; ch. vin: La Fille, Iphigénie et Zaïre; liv. III, ch. m : LaPhèdre

de Racine. J'ai cité plusieurs de ces chapitres pleins d'intérêt, t Ilï

p. 91, 292 sqq. '

4. De la religion comidérée dans sa source, ses formes, ses déveloiy' pements, 1824-1831, livre XII, ch. vu et vni.

SUR LA TRAGEDIE GRECQUE

où Benjamin Constant a suivi, dans le théâtre trafique des

Grecs, de poëte en poëte, et quelquefois, chez un môme

poëte, d'ouvrage en ouvrage, le progrès des idées religieuses

et morales, non sans quelque excès de sévérité, d'origine

germanique, je pense, à l'égard d'Euripide et aussi de Voltaire, objets l'un et l'autre pour le spirituel écrivain d'un

piquant parallèle.

Je ne dois point oublier de rappeler ici qu'en 1813 Gin-

guené*, à l'occasion de la tragédie italienne, dont il devait raconter l'histoire, avait résumé en quelques pages élégantes et distinguées, en outre, par l'exactitude et la justesse, l'histoire de la tragédie grecque.

C'est une chose remarquable combien, d'année en année grâce aux directions meilleures de la critique, s'accrurent pour les tragiques grecs notre estime et notre admiration.

En 1810 et 1811, dans la cbaire du Lycée, à la place même

d'oii La Harpe avait laissé tomber sur ces grands poètes son

dédain ou son indulgente approbation, le plus célèbre, avec

Ghénier, de ses successeurs, Lemercier, osant le contredire ouvertement, remit les génies dramatiques qu'il avait rabaissés au rang qui leur appartient, au premier rang des

maîtres de l'art; il leur demanda, avant tous, des règles et

des exemples; il les expliqua avec la sagacité, il en parla

avec la chaleur d'un homme instruit à les comprendre et à

les louer par une expérience personnelle des grands effets de

la scène. La partie de son Cours analytique de littérature

oii il a traité de la tragédie est en cela, comme en d'autres

choses, fort digne d'éloges. Malheureusement ce Cours, auquel, dans sa nouveauté, avaient valu de grands succès l'intégrité des doctrines, la franchise d'S jugements, l'abondance et le choix des citations, enfin la juste considération qui s'attachait au talent et au caractère du professeur, a perdu quelque peu de sa valeur depuis qu'en 1817 il a été reproduit par l'impression. Les défauts d'un style trop

souvent négligé et bizarre, le vice d'un procédé d'exposition trop sévèrement scientifique pour des idées simple-

1. IJiatoirc littéraire d'Italie, 1' partie, cli. xix, t. II, p. 6 sqq.

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ment littéraires, y sont devenus plus apparents et en onl écarté bon nombre de lecteurs.

^ Le mouvement dont je cherche à marquer la trace, ne s'arrêta point. Tandis que Boissonade, reprenant la lâche

des H. Estienne * , des Vauvilliers «, des Brunck ' , nous don -

nait en 182^, 1825, 1826*, d'excellentes éditions de ces

chefs-d'œuvre dramatiques, dont ses leçons ont offert pendant tant d'années un si docte commentaires des professeurs, ses collègues, qui attiraient à leurs cours, sur la poésie latine, sur la littérature française, un grand concours d'auditeurs, s'en occupaient parfois épisodiquement; M.Tissot les célébrait avec une chaleur communicativc; M. Andrieux les analysait avec délicatesse. Quelque chose de leurs heureuses excursions hors de leur domaine spécial,

dans le champ de la littérature grecque, nous a été conservé par les Éludes sur Virgile^ de l'un, et par deux dissertations de l'autre, qui font grand honneur à la sûreté de son jugement, à l'indépendance de son goût, où se retrouve la netteté élégante de son langage. J'ai déjà' mentionné la première, qui a pour sujet le Prométhce d'Eschyle»; la seconde, plus générale^ porte sur l'ensemble même, sur la constitution, le génie du théâtre tragique des Grecs, particulièrement sur ce qui distingue

1. Éditeur des trois grands tragiques grecs en 1557, 1567, 1568.

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