Editeur de Sophocle en
3. p: iKcur d'Eschyie et d'Euripide en 1779 ; de Sophocle en 1786.
4. O'ielques anni^es auparavant, en 1813, M. Thurot avait donné une édition e^ii.née des Phéniciennes 6."K\iT\\)\ûe.
5. 11 en subsiste quelques traces dans les deux volumes où, en 1863, on a rassemblé, sous le titre de Critique littéraire sous le premier impire les articles insérés par lui pendant longtemps dans le Journal des Débats v{ divers recueils, ses mélanges littéraires. Voir particulièrement, t. I, p. .51 .sqq.; 37.5 sq., 501.
e.Paris. 1825.-7. T. I, p. 251.
8. Insérée d'abord, comme je 1 ai dit, en 1820, dans le VI* volume de la nevue encyclopédique, elle a été reprodiiile en 1823 dans le IV'' volume des OF.uvrcs de l'iiuleur.
9. Elle a paru en 1824 dans la Revue encyclopédique, t. XXI, p. 77
.V ^-j ' ^XII, 89, 361. C'était d'abord une suite d'articles sur la nouvelle édition donnée en 1820 de l'ouvrage de Brumoy. La réunion de ces articles a, dans la même année 1824, produit une brochure in-8 aycjî ce socond titre : Observations sur la tragédie grecque et la tragédie française.
SUR LA TRAGÉDIE GRECQUE. 393
ce théâtre du nôtre; leur mutuelle originalité y est fort bien établie, comme y est aussi parfaitement démêlée la confusion, que les uns, par inattention ou ignorance, les
autres par malveillance pour notre littérature, en ont trop
souvent faite. Rien de plus sensé que ce qu'il dit sur les
dispositions t[u'il est convenable d'apporter à la lecture, à
l'étude des tragiques grecs. On me saura gré de le transcrire et de marquer ainsi, plus nettement que je ne Toi encore pu, le changement qui s'était opéré à cet égard dans les procédés de la critique.
« Il faut oublier nos mœurs, nos opinions modernes, et ne pas nous étonner de celles de ces temps reculés; il faut admettre les croyances des anciens, leurs superstitions
mêmes, leur dogme de la fatalité pesant sur certaines familles, l'importance religieuse qu'ils attachaient à la sépulture des morts, leur respect pour l'hospitalité, leur ardent amour de la patrie ; en un mot, il faut nous faire Grecs, autant que cela est possible.
' ce Nous devons nous garder de juger ces anciennes tragédies d'après les règles modernes et françaises. Il serait absurde de vouloir qu'Eschyle, que Sophocle, qu'Euripide,
se fussent conformés aux préceptes de Boileau ; qu'ils eussent inventé, disposé leurs fables et leurs incidents
comme l'ont fait et le font encore nos poètes. Vouloir soumettre les tragiques d'Athènes aux règles introduites depuis Corneille, serait aussi absurde que prétendre motiver
un arrêt d une de nos cours royales par une loi de Dracon ou de Selon.
«Il est nécessaire de tenir compte, pour ainsi dire, aux tragédies» des anciens, de l'impossibilité où nous sommes de connaître par expérience l'impression et l'effet que produisaient leurs représentations théâtrales.... >>
Ces règles donnent la mesure de la justesse qui distingue l'excollcnt et trop court essai d'Andrieux. Elles paraissent aujourd'hui bien simples ; mais on a va combien il s'était écoulé de temps avant qu'on en vînt à les énon-
il " '^
JUGEMENTS DES CRITIQUES
cer, à les appliquer. C'est un honneur qui n'est pas médiocre d'avoir si bien fait l'un et l'autre.
Après le Collège de France est venue à son tour la Faculté des lettres. Un maître illustre, qui y a donné l'heureux exemple d'interpréter les œuvres de l'esprit par la vie et le caractère de leurs auteurs, par l'inspiration qu'ils ont dû recevoir des mœurs, des événements, des spectacles de leur époque, par l'enthousiasme fécond que leur ont
communiqué les belles productions étrangères, ouïes modèles antiques, qui y a ainsi fondé l'enseignement véritablement historique de la littérature*, M. Villemain n'a pu parler, en 1824, des tragédies deRacine^, en 1827, 1828 et 1829 de celles de Voltaire, il n a pu, aux mêmes époques, traiter de leurs écoles dramatiques, sans relever à
côté de la scène française, la scène grecque ; sans y évoquer
dans toute leur vérité, avec la puissance de sentiment et d'expressoin qui caractérise sa critique, et en fait comme une création, le Proméiliée, YAgamemnon et les Euméni-
des, VŒdipe roi, ÏŒdipe à Colone, VAntigone, VÉlectre et le Philoctète, VAndromaque, Ylpliigénie en Aulide^VHippolyie et VAlceste. Une partie seulement des précieux développements que lui ont fournis des sujets de tant d'intérêt, se retrouve dans son Tableau du dix-huitième siècle 3;
des autres il ne subsiste que le souvenir encore ému, après
tant d'années déjà, mais nécessairement incomplet, des heureux auditeurs de ces belles leçons ; on doit bien souhaiter, mais non pas pour ce livre, qu'il nous les rende un jour. Il s'est replacé lui-même, bien heureusement,
sur la trace de ses anciennes inspirations, lorsque, en 1 859
dans son beau livre Sur le génie de Pindare et sur la poésie lyrique*, il a de nouveau commenté, à titre de
1. J'ai cherché à apprécier le caractère et l'influence de ce couis
dans mes Mélanges de littérature ancienne et moderne, p. 152 sqa.
Paris, 1840. ^ ^^
2. Voyez le Globe, t. 1, p. 188, 219 sqq., numéros des 11 et 25 décembre 1824, et nos Éludes t. III, p. 31 sqq.