‹ Études sur les tragiques grecs [microform]Chapitre 862 sur 893 · Démet., de Elocut., § 1G · texte numérisé non relu

Démet., de Elocut., § 1G

2. Voyez surtout, à la fin du volume, quelques notes de grande étendue qui sont de savanis mémoires traitant de l'Influence que Vimpor-

taitnn du papyrus égyptien en Grèce exerça sur le dr'rc^op/)eii.ei't de

la littéralure grecque, (incenaines Questions de philologie homérique ^ d'autres relatives au théâtre. De ladeutième édition dcsNuévs d'Aristophnne, Si les femmes athénici nés assistaient à la représentation des comédies, eic. — Dansdeux volumes puljliés depuis, en I8(j'2 et 18^3, par M. Egiier, sous ces titres : Mémoires de littérature ancienne, Mémoires d'histoire ancienne et de philologie^ d'autres morceaux se rapportent encore à la littérature grecque et en particulier au théâtre grec : ils reproduisent, on doit s'en féliciter, ceriaines {)aities de son docte et iniérescant enseignement à la Faculté des l"tties.

3. Caeu, 1836, Analyse crili<{ue de la Poétique d'Aristote. Voyez,

SUR LA POÉTIQUE D*ARISTOTE

a quelques années à la Faculté des lettres de Paris par un jeune professeur, dont ce journal a eu depuis plus d'une occasion d'apprécier la science et le talent*, M. Henri Martin. Seulement peut-être n'avait-il pas accordé,

dans une aussi juste mesure que M. Egger, avec la déférence, le respect dus à l'autorité d'Aristote, les droits de la libre discussion.

Gomme son prédécesseur, M. Egger a enfin rectifié les idées théoriques du maître par d'autres théories. Ainsi le

goût naturel des hommes pour l'imitation et pour le rhythme ne lui paraît pas constituer seul la poésie ; il y ajoute cette faculté créatrice qui réalise le beau par les procédés de l'art. Ainsi encore, à la terreur, à la pitié, seuls éléments, pour Aristote, de l'impression tragique, il joint un autre sentiment plus haut auquel doivent conduire les deux premiers, celui de l'admiration, s'autorisant, pour

cette addition nécessaire, non-seulement des tragiques grecs qui nous élèvent autant qu'ils nous épouvantent et nous attendrissent, mais d'Aristote lui-même. Aristote, en effet, dans le passage de hPoliiique, qui a été cité plus

haut, ne compte-t-il pas l'enthousiasme au nombre de

ces passions renfermées en nous, auxquelles ouvre une

voie, dont nous soulage la musique; et ce qu'il a dit de

la musique ne la-l-il point dit aussi, implicitement, de la poésie?

Tel est, en substance, considéré sous ses principaux aspects, le travail nouveau dont un ouvrage si souvent interprété a fourni le sujet à M. Egger. Il ne remplit pas, à beaucoup près, le volume dont j'avais à rendre compte; il y est comme encadré dans une Histoire de la critique chez les

Grecs, morceau considérable, à tous égards, que je me reprocherais d'analyser et de juger en passant à la fin de

cet article, et auquel il me paraît plus convenable de consacrer un article à part.

sur celte tbèse, le Journal général de l'instruction publique, 17 avril 1836, t. V, n° 49, p. 390.

1. Voyez, récemment, cahiers de mars, avril, mai, août 1850. p. 129. 193, 270,{>02. >^ »

ET L*UISTOinE DE LA CRITIQUE CHEZ LES GRECS. 415

Sous le mot de Critique , qu'il préfère au mot, aujourd'hui si en faveur, d'Esthétique *, M. Egger a compris

tout l'ensemble des travaux dont la littérature et ses

monuments peuvent être l'objet: jugements oii s'exprime tantôt le sentiment naïf, tantôt Tintelligence réfléchie des beautés et des défauts; théories nées soit de l'expérience, soit d'une vue spéculative du but et des moyens de

l'art; étude philosophique des textes ; recherches historiques sur les écrits et les écrivains. Ces formes diverses de la critique, M. Egger les a toutes parcourues, et dans l'ordre précisément où les lui présentait, selon leur succession naturelle et chronologique, la littérature

grecque.

Le sujet navaitpas encore été traité, que je sache, avec

cette étendue, cette généralité. Sans doute les historiens des lettres grecques n'avaient pas négligé de rappeler, à leur date, les grands critiques; sans doute aussi ceux qui, dans cette histoire, ne se sont occupés que d'un seul

genre, avaient pris soin de rassembler sur ce point particulier la suite des opinions, à commencer, bien entendu, par celles des Grecs. Mais nul encore, si je ne me trompe, n'avait suivi chez eux, dans son complet développement, dans ses applications multipliées, cette faculté qui s'exerce, pour les juger, pour les rapporter à leurs lois, pour les expliquer, sur les productions de l'esprit.

Dans un livre dont j'ai transcrit le titre en tête de ces articles, livre déjà publié il y a quelques années sous une forme un peu diflerente^ et dont cette reproduction atteste le juste succès , M. Théry, je ne l'oublie pas, avait touché au sujet traité par M. Egger, mais il n'a^ vait pu qu'y toucher, d'une main sûre sans doute, mais quelque peu pressée, précipitée par la condition même de

son œuvre.

\ Voye? p. 2, note 1. . ,. , i

2. De l'esprit et de la erittque littéraires chez les peuples anctent et modernes. Paris, 1832.

^16 SUR LA POÉTIQUE D*ARISTOTE

Lorsqu'il l'entreprit, deux opinions exclusives se disputaient, avec une ardeur emportée, la direction de notre littérature : l'une la voulait asservie à des règles qui peut-

êLre n'étaient pas toutes d'une autorité absolue, universelle, à des modèles en dehors desquels il pouvait y avoir place encore pour d'heureuses tentatives ; l'autre prétendait l'émanciper de toutes les lois, de toutes les traditions, quelles qu'elles fussent, qui avaient déterminé jusque-là les limites et le caractère des divers genres, les convevances du ton et du style, les formes de la versification et du langage. Quelle idée précise fallait-il attacher aux dénominations vagues de classiques et de romantiques par lesquelles ces opinions se désiguaient elles-mêmes? Qu'y

avait-il de légitime dans leurs prétentions opposées ? Au moyen de quel tempérament parviendrait-on à les apaiser, à les concilier? Les esprits sages se faisaient ces questions, et M. Théry, entre autres, se chargea d'y répondre par une revue de toutes les littératures connues, de celles qui avaient procédé de l'imitation, de celles qu'avait suscitées une inspiration plus spontanée; par l'exposition de l'esprit particulier qui avait présidé au développement de chacune d'elles et des théories que la réflexion y avait fait succéder à la pratique. C'était là un plan bien vaste, Lien diflicile à remplir, alors môme qu'on se fùtborné aux

littératures qui nous sont réellement connues, auxquelles

on peut assignerun caractère distinct, où se sont produits

en leur temps, après le libre travail des esprits, des jugements sur les monuments de l'art, des idées, des doctrines sur l'art lui-môme, son but, ses moyens, ses lois. Ainsi réduit, il restait encore trop étendu pour admettre autre chose qu'une description générale et rapide du mouvement qui, en chaque lieu et à chaque époque, a amené auprès des grands orateurs, des grands poëtes, dos grands écrivains en tous genres, ou à leur suite, les grands critiques. Aussi, en ce qui concerne les Grecs, M Théry a-t-il, cela était inévitable, à peu près commencé par Platon et Aristote, à peu près concentré dans ces deux grands

nomsThistoire de leur critique.

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