Pyth., IV, 439. — 3. Voyez Suidas, au mot Sophocle
^2!à SUR LA POÉTIQUE d'aRISTOTE
l'attention de quelques-uns des écrivains qui, de notre
temps, se sont spécialement occupés de l'Iiistoire et de
l'appréciation du théâtre grec*. M. Egger Ta mis dans une lumière nouvelle par une exposition que la richesse de son érudition et la spécialité de son sujet lui permettaient de rendre plus complète, et sur laquelle des détails bien choisis et groupés avec art, des citations piquantesqu'on voudrait seulement plus nombreuses, ont répandu beaucoup d'intérêt. Résumons, un peu d'après ses devanciers, et beaucoup d'après lui, les principaux traits de ^,
l'histoire de la critique grecque au temps où les critiques *
proprement dits n'étaient point encore venus, où le feuilleton, pour ainsi parler, se produisait au théâtre même, encadré dans quelque belle œlivre dramatique.
Nous avons eu nous-mêmes de ces feuilletons quand Molière, dans la Critique de l'École des femmes, dans V Impromptu de Versailles^ dans quelques scènes du Misaii' tkropn et des Femmes savantes, réclamait contre d'injustes censures, invoquait les vraies, les simples lois de lart châtiait par le ridicule le pédantisme et l'affectation; ou bien encore, en remontant plus haut, quand Rotrou, par la bouclie de l'acteur Genest^ parlant du théâtre et de ses
récents auteurs, à Dioclétien, rendait un noble homma^^e aux chefs-d'œuvre de Corneille :
Ces poèmes sans prix, où son illustre main D^un pinceau sans pareil a peint l'esprit romain ».
Ce qui n'est dans la tragédie de Rotrou qu'une allusion et une allusion bienveillante, a chez Euripide un tout autre caractère, quelque chose de plus direct, de plus développé et quelquefois de bien amer. Par une infraction condamnable aux vraisemblances de son art, il se permit très-fré-
1. Voyez particulièrement, en 1808, le Cours de littérature dramatique de W. Sclilegel, leçon V; en ISiS, les Éludes sur tes trnqiqws greci, de l'auteur de cet article, livre V; en 18i5, Un Mémoire de M. Hamel, professeur de littérature ancienne à la Kaculle des leUres de Toulouse, inséré dans le* Mémoires de lAcadémie de celte viile et qui a pour titre : Sur la critique littéraire dans Aristophane. *