‹ Études sur les vases peintsChapitre 25 sur 72 · Annal. j XI. t i · texte numérisé non relu

Annal. j XI. t i

kU COLLECTION CAMPANA.

celte date, par exemple 660 ans avant notre ère (olympiade 30 ■). Quant aux vases trouvés à Caere, ils sont nécessairement postéiieurs de quelques années à l'établissement de Démarate en Ëtrurie, et certains de ces vases semblent être des imitations du style archaïque. Les plus anciens peuvent remonter à la dernière moitié du septième siècle avant J.-C, et par conséquent avoii' été fabriqués par les potiers corinthiens de Démarate.

Les lecteurs trouveront ici une hydrie de style corinthien qui fait partie des collections du Musée Napoléon III. On y voit un char traîné par quatre chevaux, et qui se dirige de gauche & droite. Un guerrier armé de toutes pièces se dispose à monter dans le quadrige. L'aurige vêtu d'une longue tunique blanche, costume habituel des conducteurs de char, tient les rênes. Des femmes et des guerriers armés sont rangés près du quadrige et devant les chevaux. L'artiste a peut-être voulu

I. Voir liiidi. llislori/ of aiicieiit /lolleri/, vol. Il, p. lo.

représenter les adieux (VHector et d'Andromaque, sujet figuré sur quelques vases moins anciens à peintures noires ^ Quant aux inscriptions, en partie eiïacées, elles sont peu lisibles, et je ne chercherai pas ici à les déchiffrer. On peut lire le nom de Aapv ou ^ol^loç devant Taurige.

Des méandres, des flots, des godrons, ainsi qu'une zone quadrillée, servent d'encadrement au tableau, et sur le col du vase sont peintes des couronnes. Des panthères sont dessinées au-dessous de chaque anse latérale.

Un autre vase corinthien, plus intéressant sous tous les rapports, et sur lequel se développe une scène empruntée aux traditions troyennes, est celui dont nous avons donné la gravure à la page 12. C'est un cratère ayant la forme de la kélébé. On y voit la famille de Priam : Hector qui prend congé de ses parents pour monter sur son char de guerre. En suivant la composition de gauche à droite, on remarque d'abord le vieux Priam (npiapç) accompagné d'Hécube (Fsxa^a). En face se tient Hector (ExTop) armé de toutes pièces. Plus loin on lit le mot Aivoi qui jusqu'à ce moment n'a pas été expliqué. Deux femmes, le dos tourné à Hector, regardent les chevaux attelés au char. L'un des chevaux porte le nom de Cianis (Kiaviç), un autre celui de Gorax (KopaÇ). Viennent ensuite deux autres femmes qui tournent leurs regards vers un guerrier, nommé Hippomachos (Hi7piro|Aaxoç). Cebrionas (Keêpiovaç) est debout dans le char, et tient les rênes; il est armé de pied en cap. Un autre guerrier, nommé Xanthos (HavOoç) marche derrière le char; suivent deux chevaux sur l'un desquels est monté un guerrier nommé Daiphonos (Aaiçovoç). Puis viennent un autre hoplite et deux femmes, désignées par les noms de Polyxène (noîcuÇeva) et de Cesandra (KeaavJpa).

Au revers de cette vaste composition est dessinée une grande palmette, et sous chaque anse on voit trois cavaliers et un éphèbe à pied. Un seul nom Ftoviç (7) se lit auprès de l'un de ces cavaliers. Ce mot indiquerait-il les Ioniens, les Grecs ?

Une zone d'animaux, lions, boucs et coqs, règne tout autour du vase, au-dessous du grand tableau, des cavaliers et de la palmette pemte au revers.

Les ornements qui entourent la composition offrent une grande sobriété : ce sont des godrons, des rangs de perles et des zigzags.

Ce vase, le plus important de la série à inscriptions corinthiennes de la Collection Campana, offre, pour la physionomie des dessins et pour

1. Voir mon Catalogue de vases peints provenant des fouilles de l*Élrarie, n" Uî. — Gerhard, Vasenbilder, pi. CCVIIF.

les légendes, la plus grande analogie avec le vase Dodwell; il a été publié en 1855, par Y Institut de correspondance archéologique *.

Plusieurs autres vases de la suite corinthienne du Musée Napoléon III méritent d'être signalés, entre autres Yhydrie sur laquelle on voit Achille mort, couché sur un lit funèbre et pleuré par les Néréides, Vamphore décorée du sujet de Tydée et Ismène *, la kélébé où est représenté le repas d*Hercule ^ , une autre kélébé qui montre Pélée et les Néréides, etc. Sur une hydrie sans inscriptions, et d'un style tout particulier, est figuré Hercule qui conduit Cerbère enchaîné à Eurysthée; le roi, effrayé à l'aspect du monstre à triple tête, cherche à se cacher dans le pithos ^.

Les vases les plus anciens, portant des signatures d'artistes, appartiennent à la classe des vases corinthiens ; on en connaît deux, l'un et l'autre encore inédits. Le premier est une pyxis signée du nom de CImrès (Xapsç), et appartient à M. Eugène Piot, à Paris; Tautre est un vase à long col, trouvé à Cléones, dans l'Argolide, et acquis par la Société archéologique d'Athènes; il porte la signature de Timonidas (Tt(jtovi5aO *. Des héros de la guerre de Troie sont représentés sur ces deux vases.

Les sujets que montrent les vases de fabrique corinthienne, entremêlés d'inscriptions en caractères archaïques, tracées tantôt de gauche à droite, tantôt de droite à gauche (boustrophédon), ces sujets, dis-je, peuvent donner une idée des compositions sculptées sur le célèbre coffre de Cypsélus.

Pausanias^, qui nous a laissé une description détaillée de cette œuvre d'art, dit que ce coffre avait été dédié^ dans le temple de Junon, à Olympie, par les descendants de Cypsélus, tyran de Gorinthe, le même dont il est question dans l'histoire de Démarate. Le jeune Cypsélus, recherché par les Bacchiades qui voulaient le faire périr, avait été caché dans ce coffre par sa mère ; or, les Corinthiens donnaient le nom de xuiJ/IXt) à ces sortes de meubles (Xapva^, xi^cotoç) ; de là, le nom de l'enfant. Le coffre était fait de bois de cèdre, et les sujets qui y étaient sculptés étaient taillés en partie dans le bois, en partie incrustés d'or et d'ivoire, ce qui veut dire que des lamelles d'or rele-

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