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COLLECTION CAMPANA. ' kl
vident certains détails de costume^ et que Tivoire était employé là où dans les vases peints on s'est servi de la couleur blanche, pour les chairs des femmes, pour quelques chevaux, des chiens et autres animaux, pour les épisëmes des boucliers, pour d'autres détails et ornements, etc. Pausanias ajoute que des inscriptions en caractères anciens étaient tracées dans le champ auprès de chaque sujet, suivant le mode que les Grecs appellent pouaTpoçYi&ov , c'est-à-dire courant de gauche à droite et de droite à gauche, à la manière dont les bœufs attelés à la charrue tracent les sillons en labourant un champ.
Le nom de l'artiste qui avait fait ce coffre n'était pas connu; mais les inscriptions en vers, donnant l'explication des sujets, étaient attribuées au poète Eumélus, qui florissait vers la fin de la neuvième olympiade, 7A1 ans avant Jésus-Christ ^ Un des ancêtres de Cypsélus avait fait faire ce meuble pour y enfermer ses trésors. D'après ces données il n'y aurait eu que soixante-dix à quatre-vingts ans entre l'exécution de ce merveiN leux coffre et l'émigration de Démarate. Il n'est pas nécessaire de supposer que le coffre de Cypsélus ait été fait du vivant d'Eumélus; l'artiste qui l'avait sculpté a pu exécuter ce travail quelques années plus tard, et se servir des vers du poète pour donner l'explication du sujet. 11 n'y a rien là que de très-acceptable.
Je n'ignore pas les objections qui ont été faites contre les récits relatifs à Tarrivée de la colonie de Démarate en Italie; s'il fallait en croire Niebuhr et les écrivains de son école, tout ce qui a été raconté par les historiens grecs et latins au sujet de cette colonie corinthienne venant à travers les mers apporter ses arts et sa civilisation aux Tyrrhéniens ne serait qu'un tissu de fables et d'absurdités. Cependant quand les monu^ ments se trouvent en parfait accord avec les récits des historiens, que le lieu de découverte de ces monuments atteste la présence en Italie d'artistes corinthiens au vii"^ siècle avant notre ère, que l'écriture en usage à Gorinthe à cette époque se retrouve sur les vases tirés des hypogées étrusques, il ne semble guère permis d'hésiter ou de conserver des doutes. Les historiens n'ont fait que recueillir et mettre en œuvre des traditions anciennes et à coup sûr basées sur des faits réels. Condamner ces traditions et les retrancher de l'histoire, c'est se priver de documents utiles , et cette méthode ne saurait profiter à la science. Examiner les faits, confronter les récits historiques avec les monuments figurés et en tirer des
4. Clément d'Alexandrie [Strom., L p. 398, éd. Polter) dit qu Euméius élail contemporain d'Archias, le fondateur de Syracuse. D'après Clinton {Fasti Uellenici)^ la date de la fondation de Syracuse serait la troisième année de la onzième olympiade. 734 avant Jésus-Christ.
conclusions, c'est à quoi doivent tendre les efforts de l'archéologue sincère qui recherche la vérité.
Il y a d'autres vases de fabrique très-ancienne, outre les vases corinthiens et les imitations qui en ont été faites. Ce sont des vases à peintures noires sur fond jaune ou rouge. Là les caractères alphabétiques employés dans les inscriptions ont des formes différentes ; on y trouve le koph, le digamma, la lettre H comme aspiration. Hais ce n'est pas ici le lieu d'entrer dans l'examen de ces questions; je dois laisser de côté tout ce qui touche' à l'épigraphie. Je me contenterai donc de citer quelques exemples de ces monuments céramographiques de très-ancienne fabrique. Je mentionne : 1^ une hydrie du Musée Napoléon III, sur laquelle est représentée la lutte de Thésée et du Minotaure ; les inscriptions donnent les noms de eeaeuç, Ta[upoç] Mivoio, Ap[ia] 6e, Mivoç *; 2® une hydrie du Cabinet des Médailles de la Bibliothèque impériale, autrefois de la collection Durand', où l'on voit les noces d'Hercule et Hébé, Hepaxleç, loXeoç, nepxoç, Apto[v] (noms de chevaux), AOevata, Heës, Hepa; 3"* une amphore où est figuré le combat des Grecs et des Troyens autour du corps d'Achille, sOevs^oç, Aiop^eç, A^^iXXeu;, Aiaç, rX[a]uxoç, Ilapi;» Aiveeç, £}^iincoç, Aeo^oxoç ' ; h*^ une amphore de la collection de M. le duc de Luynes, sur laquelle est représenté le combat d'Hercule contre le triple Géryon, AOevaie, Hepog^'Xeç, FapuFoveç, Eupunov *.
Quelques-uns de ces vases sont à peu près de l'époque des vases portant des inscriptions en caractères corinthiens; d'autres (les deux derniers) sont évidemment d'un âge plus récent. La qualité de l'argile, la beauté de l'émail et la perfection des couleurs employées, et aussi certaines hardiesses dans le dessin, trahissent une main habile et exercée.
Avant de parler des vases peints à figures noires sur fond rouge ou jaune fabriqués à diverses époques et dans divers pays, je dirai un mot des poteries de travail étrusque, les unes décorées de reliefs, les autres enrichies de sujets gravés à la pointe.
4. Monuments inédits de l'InstittU archéologique, t. VI, pi. XV.