‹ Études sur les vases peintsChapitre 27 sur 72 · Catalogue, n · texte numérisé non relu

Catalogue, n

3. Monuments inédits de l'/nslilul archéologique, t. I, pi. LI.

4. Duc de Luynes, Description de quelques vases peints étrusques, iialiotes, siciliens et grecs, pi. VlfL

COLLECTION CAMPANA. i9

Ces poteries se divisent en trois classes : 1*^ vases bruns ou d*un ton noirâtre tirant sur le brun ou le gris; 2*» vases noirs; 3*^ vases rouges ou jaunes de la couleur naturelle de la terre.

Jusqu'à ce jour, du moins à ma connaissance, on n'a pas trouvé un seul échantillon de ces sortes de poteries, brunes ou noires, ni en Grèce, ni dans les îles; je n'en dis pas autant des vases de couleur naturelle de l'argile, mais ceux qu'on rencontre sur le continent hellénique et dans les îles ne sont certainement pas de travail étrusque; ils sont grecs ou romains. Du reste, si même on pouvait produire des exemples de découvertes de vases noirs en Grèce, le fait de ces découvertes ne prouverait rien en faveur d'une fabrique locale, ces vases ayant pu y être portés par le commerce.

Les vases peints de fabrique étrusque sont en général d'une date trèspostérieure à certains des vases décorés de reliefs; j'aurai occasion d'en parler quand je serai arrivé à l'époque de la décadence de la céramographie. 11 y a toutefois des vases étrusques à peintures noires d'un dessin très-grossier et qui semblent être contemporains des vases grecs à figures noires; ils doivent être classés à part, et je me réserve d'en faire mention dans le paragraphe où je traiterai des vases à peintures noires.

Pour en revenir aux vases de pâte noire, il faut observer d'abord que ces sortes de poteries sont noires à l'extérieur comme à l'intérieur; elles sont d'une fabrique toute particulière; la plupart ont été modelées à la main; d'autres ont été faites sur le tour. Quelques archéologues pensent que l'on mêlait du bitume à l'argile, et que la teinte noire à l'intérieur tient aussi bien à ce mélange qu'à la manière dont ces vases ont été cuits ^ D'autres supposent qu'on les exposait au feu en les enfermant dans d'autres vaisseaux de terre plus grands et en les entourant de sciure de bois. On ne sait s'ils ont été cuits au four, séchés au soleil ou durcis par un autre procédé. Tout ce qui a été dit à ce sujet ne peut être regardé que comme des conjectures, et rien de plus. Ce qui est certain, c'est que la pâte dont sont formés ces vases est moins dure que celle des vases peints; la terre en est beaucoup plus friable et se réduit aisément en poussière.

Les tombes de Chiusi, Cervetri, Vulci, Véies, Viterbe, Orvieto, Cortone, Palo, Volterra, Tarquînies, etc., fournissent en grande quantité les vases de pâte noire, et il s'en trouve dans toutes les collections un peu

4. Micali (MonumentiinedUij p. 158, Firenzo, 4844) dit qu'en 4844 on avait trouvé aux environs de Corneto, où était l'ancienne ville de Tarquinies, et à une certaine profondeur, de la terre mélangée avec du bilunne, et, quant à la qualité et à la couleur, tout à fait semblable à la pâte noire dont sont faits les vases étrusques.

nombreuses. Ceux de Chiusi, Volterra, Vulci, et de quelques autres localités, sont ornés de sujets en relief» ceux de Véies et de Palo ont des dessins gravés au trait.

Plusieurs passages des auteurs anciens semblent se rapporter à ces poteries étrusques. Il est possible pourtant que les poètes latins aient eu en vue les vases peints, quand ils parlent des vases de l'Étrurie. Dès le temps de Numa, 700 ans avant Jésus-Christ, il est question à Rome d'une corporation de potiers^ Juvénal^ parle en plaisantant de la vaisselle noire de Numa, nigrumque catinutn} Perse ^ nomme la poterie étrusque, tuscum fictiley et un ancien scholiaste dit à cette occasion : Vilan fictilemquea Thuscis olim faclum; Martial* mentionne la vaisselle du roi Porsenna, 507 ans avant Jésus- Christ : Lautus erat Thuscis Porsenna fictilibus; enfin Horace* ne manque pas de citer la poterie tyrrhénienne, Tyrrhena sigilla.

Les vases les plus anciens, c'est-à-dire ceux de couleur brune ou grise, sont mal cuits; quelquefois ils ne sont pas tout à fait bruns à Tintérieur. Ils sont faits avec du sable volcanique, grossièrement modelés et décorés à l'extérieur de filets, de bossettes en relief, de lignes gravées, de zigzags, de cercles tracés d'une manière maladroite. Tels sont les vases en forme de hutte ou de cabane [tugurium)^ trouvés sous des couches de lave, ou plutôt à côté de la lave, aux environs du lac d'Albano, et dont on peut voir des spécimens au Musée Grégorien à Rome, au Musée Britannique®, et dans la riche collection de M. le duc de Blacas à Paris. On attribue à ces vases une haute antiquité, puisqu'on les considère comme appartenant aux aborigènes ou habitants autochthones du Latium. Lors de la découverte de ces sortes de cabanes ou huttes de terre, elles étaient enfermées avec d'autres vases, des espèces de petits barils, des coupes plates à une anse, des vases à verser [œnochoê) d'une forme lourde et grossière, dans de grandes urnes de terre garnies de deux anses sur les côtés'.

Maintenant on a aussi d'autres vases de formes assez variées, de couleur brune ou grise, trouvés dans plusieurs localités de l'Étrurie. Ce sont

Page 1