‹ Études sur les vases peintsChapitre 37 sur 72 · Phocid., XXV, 2; xxvi, \\ xxx · texte numérisé non relu

Phocid., XXV, 2; xxvi, \\ xxx

3. Des Scythes faisaient l'office de gardes de police à Athènes. Schol. ad Aristophan.. Acham. 54. — Etym. magnum, v. ToÇorai.

Quaut à certains détails d'ornementation, il est à remarquer qu'on a persisté pendant longtemps à représenter le Gorgonium à l'intérieur des coupes; à l'extérieur ce sont de grands yeux qui vers les anses servent d'encadrement aux autres peintures; ces yeux se reproduisent aussi sur les amphores, sur les tasses, à la proue des vaisseaux, usage qui s'est conservé juqu*à nos jours à Naples, en Sicile et h Malte, où les barques des pêcheurs portent encore à la proue de grands yeux peints. On mettait également des sphinx et des sirènes près des anses ; c'est comme une réminiscence des longues zones d'animaux des vases de style oriental.

Parmi les sujets de la vie domestique représentés sur les vases à peintures noires je citerai les exercices agonistiques, les luttes du gymnase, les chasses, les banquets, les femmes qui vont chercher de Teau à la fontaine ou qui se baignent, qui se livrent aux soins du cuite, qui cueillent des fruits, occupées de leur toilette, etc. Les cérémonies nuptiales sont figurées sous la forme d'une procession solennelle, et ordinairement les mariés sont montés sur un char , tandis que des divinités protectrices les accompagnent à pied pour les conduire à leur demeure. On trouve aussi, mais ces représentations sont rares, les travaux de l'agriculture, la cueillette des olives, l'art du potier, la fonte des métaux, la navigation, etc.

Il ne faut pas croire que tous les vases d'ancien style, à figures noires, soient tous sortis d'une seule et même fabrique, ou aient été faits d'après des modèles uniformes, quant au dessin des sujets et des ornements. 11 y en a d'époque et de style bien différents. On est porté à attribuer aux fabriques grecques établies dans l'Italie centrale une large part dans ces produits. Mais n'anticipons pas; il faut procéder par ordre dans l'examen des diverses classes de vases à peintures noires.

On a des coupes couvertes d'un enduit blanc assez terne qui sert de fond et sur lequel se détachent des figures noires, d'un style roide et archaïque , rehaussées de rouge, qu'au premier aspect on serait disposé à faire remonter à une époque voisine des vases corinthiens trouvés à Caere. Les coupes de cette espèce sont rares. On connaît depuis longtemps celle où l'on voit Ulysse et ses compagnons qui enivrent le

6/i COLLECTION CAMPANA.

cyclope Polypbëme et lui crèvent son œil. Cette coupe, publiée par M. le duc de Luynes en 1829, a passé de la collection Durand dans la collection de M. le vicomte Beugnot, puis au Cabinet des médailles de la Bibliothèque impériale ^ Au musée Napoléon III, il y a trois coupes du même genre; on y a représenté le combat de Cadmus contre le dragon de Mars, Méléagre attaquant le sanglier de Calydon, et Prométhée, ou plutôt Jupiter et l'aigle. Mais la représentation la plus remarquable d' un style tout à fait identique est celle qui est tracée au fond d*une coupe des plus célèbres, conservée au Cabinet des médailles de la Bibliothèque impériale, je veux parler de la coupe d'Arcésilas*. A voir ce roi assis sous un pavillon, accompagné de gens qui pèsent le silphium , à voir ces oiseaux , ces quadrupèdes , on se croirait en face d'une peinture des plus anciennes. Cependant, si l'on considère la forme des lettres employées dans les inscriptions, on y retrouve de suite des formes moins archaïques que le style de la peintui'e ne semble l'annoncer, le lambda A, par exemple, étranger à l'alphabet dorien', etc.

Je n'admets pas que la coupe d'Arcésilas montre un sujet comique, une espèce de caricature, comme plusieurs archéologues l'ont cru*. L'exagération de roideur dans le dessin , l'expression dans les traits des figures , tout cela tient à une affectation d'archaïsme, et à rien autre chose.

Il y a eu quatre rois du nom d* Arcésilas qui ont régné dans la Cyrénaïque, et il serait peut-être difficile de déterminer à quel Arcésilas se rapporte la peinture de la coupe, si l'on ne savait, par les vers de Pindare ^, la grande célébrité que s'était acquise le quatrième prince de ce nom , vainqueur aux jeux Pythiques, dans la lxxx« Olympiade (468 av. J.-C). C'est vers cette époque environ qu'il faudrait placer la fabrication de la coupe d'Arcésilas. Les objections qui ont été présentées contre cette opinion manquent de fondement, car, si Phidias opérait à cette même époque, ou peu avant, une immense révolution dans les arts par ses sublimes créations, il ne s'ensuit pas que d'obscurs peintres de vases, vivant et travaillant en Italie ou dans d'autres contrées éloignées d'Athènes, le grand centre des arts et de la civilisation , eussent déjà acquis un talent qui leur permit d'aspirer même de loin à la perfection des œuvres du grand artiste.

4 . Monuments inédiU de Vlmi, arch,, t. I, pi. VIT, h . — Cal. Ùurand, n<^ 446. — Cai. Bettgnot, n® 56.

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