Hist. nat.y xxxv, 36. Arlis fores apertas intraverunt
heureux de posséder des peintures d'un mérite très-inférieur, sans doute, mais où se reflète partout le génie grec.
Nous avons vu que les céramographes avaient représenté quelquefois des personnages historiques ^ Ce sont des rois comme Crésus, Darius, fils d'Hystaspe, des poètes célèbres tels qu'Alcée, Sappho, Anacréon. Tous ces personnages vivaient avant les guerres médiques, ou au plus tard vers l'époque de ces guerres*. Les poètes que je viens de nommer étaient connus de tout ]e monde et, suivant l'excellente remarque de H. Otto Jahn', ils rappellent ce bon vieux temps, vanté par Aristophane, où leurs noms étaient dans la bouche d'un chacun et où ils n'avaient pas encore été dépossédés de leur antique réputation par les poètes dithyrambiques nouvellement à la mode ^.
Les artistes antérieurs à Phidias, tout en conservant à leurs compositions un caractère grave et sérieux, cherchèrent à donner plus de liberté et de vivacité aux mouvements de leurs personnages. Les scènes bachiques peintes sur les vases fournissent des exemples de ce développement, car si Bacchus lui-même continue toujours d'être représenté avec une gravité solennelle, ses longs cheveux descendant sur les épaules, avec une longue barbe et vêtu d'une tunique talaire, son joyeux thiase, animé par les vapeurs du vin, se livre aux mouvements les plus violents et les plus désordonnés. On peut citer ici pour exemple quelques belles coupes où l'on a représenté le retour de Vulcain à l'Olympe^. Cette liberté, cette animation se montrent aussi dans un grand nombre d'autres compositions, notamment dans des scènes de combat et dans les magnifiques sujets de la gigantomachie^.
Une composition charmante est celle qui est tracée sur une amphore de Vulci à figures rouges sur fond noir, dessinées d'après le procédé ordinaire. C'est le retour du printemps. Deux jeunes gens et un homme d'un âge mûr s'entretiennent ensemble. L'un des jeunes gens, qui est assis sur