‹ Études sur les vases peintsChapitre 52 sur 72 · Mon, inéd. de l'InsL archéoL, t. II, pi. xxiv · texte numérisé non relu

Mon, inéd. de l'InsL archéoL, t. II, pi. xxiv

2. Gerhard, Trinkschalefi und Ge fasse des KônigL Muséums zu Berlin, pi. xi et XII. — Cf. mon CakUogue de vases peints provenant des fouilles de fÉtrurie, n** 430; Faris, 4837, in-8.

COLLECTION C.VMPANA. 89

auteur ancien*, il ne faille pas entendre que Polygnote ne peignait que des objets de grandeur naturelle ou colossale '; car le célèbre artiste de Thasos a pu peindre des sujets d'une certaine étendue, mais avec des ligures de moyenne ou de petite proportion. L'exécution des tableaux de Zeuxiset de Parrhasius était plus recherchée, plus fine, plus harmonieuse; ces deux artistes, qui florissaient au commencement du iv® siècle, 395 ans avant J.-C, savaient donner à la forme et au visage de leurs figures une expression particulière et individuelle. Nous retrouvons toutes ces qualités dans les vases de beau style, postérieurs au siècle de Périclcs. On représente les formes juvéniles de préférence aux formes mâles et vigoureuses; les éphèbes n'ont souvent, pour tout vêtement, que la cblamyde, de même les femmes sont représentées ou entièrement nues ou, du moins, couvertes seulement de vêtements légers et souvent transparents. En général, l'emploi des vêtements est limité de manière à faire valoir les formes du corps, et non à les cacher ; les plis roides et de pure convention ont disparu et les draperies suivent tous les mouvements du corps. La chevelure est traitée d'une manière conforme à la nature et on ne voit plus ces boucles, ces cheveux frisés dont les premiers exemples se retrouvent sur les monuments assyriens. Le caractère gracieux et quelque peu efféminé ne parait pas seulement dans la forme du visage et du corps, mais aussi dans l'ensemble de la pose et dans les mouvements. C'est le génie attique qui pénètre de plus en plus dans les œuvres de l'art. Un grand nombre de scènes ou mythologiques ou familières montrent des éphèbes, à leur départ ou à leur arrivée, reçus par des jeunes filles qui leur versent à boire, ou bien des réunions de femmes; dans ces sortes de scènes, la modestie, la pudeur, l'honnêteté sont exprimées d'une manière charmante et tout à fait naïve. On peut citer, comme exemple, la belle coupe où sont représentés Godrus et plusieurs héros de r Attique*. En voyant ces compositions pleines de noblesse, d'élégance et de simplicité, on songe involontairement aux bas-reliefs de la frise du Parthénon, en faisant toutefois la part de la différence qui existe entre ces admirables sculptures et des œuvres dues aux mains d'artistes d'un mérite très-inférieur.

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