‹ Études sur les vases peintsChapitre 62 sur 72 · Samuel Bircli, loc. cit. p · texte numérisé non relu

Samuel Bircli, loc. cit. p

4. Voir Arch. Zeitung, 1863, pi. clxxiii. - Uitschl, Prhcw laliHilalh monumcnla epigraphica, lab. i\ o( Suj)pl. m.

'}. T. I.iv. VIII, î.j, sq.

COLLECTIOiN CAMPANA. 103

paux magistrats grecs Cbarilaûs et Nympliius étaient à ia tôte de ce parti. L'antique Parthénope était alors divisée en deux quartiers, I\eapoliSy la Ville-Neuve y et PalœpoliSj la Vieille-Ville. Gharilaiis, qui commandait dans la seconde, parvint par un stratagème à expulser les Samnites qui opprimaient les habitants et livra la ville aux Romains. A la suite de cet événement qui rendait les Romains maîtres de la cité, ils conclurent une alliance avec les Napolitains; ce traité paraît avoir été célèbre dans l'antiquité sous le nom de Fœdus Neapolitanum.

Charles Lenormant* a fait remarquer que le nom de Cbarilaûs, XAPf AEOSy en entier ou en abrégé, est inscrit sur un grand nombre de didracbmes de Naples. Le style et le travail de ces pièces sont d'une exquise élégance et indiquent l'époque où l'art grec avait atteint son apogée. L'éminent archéologue conclut de ceci que ces monnaies ont été frappées pendant la magistrature du Cbarilaûs mentionné par Tite- Live, et à l'appui de cette opinion il cite la pièce de bronze publiée par Pellerin ' et qui aux types ordinaires de Naples joint la légende po-

MAION.

Le style et le travail des didracbmes qui portent le nom de Cbarilaûs s'accordent en tous points avec le style de la plupart des vases à couverte noire et à reliefs qu'on voit dans les collections, et cette comparaison avec une monnaie qui porte une date certaine, d'après Theureuse remarque de Ch. Lenormant, fixe l'âge où florissait la fabrication de ces produits céramiques.

{. Revue numism. 1844, p. 251. — Cf. Fr. CarcHii Num. Ilaliœ veleris^ tab. ccii, cd. C. Cavedonius, Lips. 1850, tab. lxxv, n"^ 72-78 et p. 24.

2. Suppl. t. n, p. 23. — Mionnet, Descripi, T. I, p. 121, n» 215. — Je dois avertir pourtant que M. L. Sambon, dans son excellent ouvrage [Recherches sur les anciennes monnaies de l'Halie méridionale, p. 37 et 39. Naples 1863, in -8*), attribue celte pièce à Capoue.

m COLLECTION CAMPANA.

Maïs il existe encore un autre genre de vases à reliefs. Ce sont ces admirables vases dont la nécropole de Cumes a fourni un certain nombre d'échantillons. Parmi ces vases, celui qui occupe sans contredit le premier rang, est la merveilleuse et célèbre bydrie de la collection Campana, aujourd'hui un des plus splendides ornements du musée de l'Ermitage à Saint-Pétersbourg. La partie inférieure du vase est cannelée et au-dessus de ces cannelures se détache un bas-relief colorié et doré, composé de dix figures, cinq assises et cinq debout. Triptolëme y parait assis sur son char ailé, attelé de deux serpents, le sceptre à la main, au milieu des divinités et des héros d'Eleusis. Parmi ces divinités on distingue les deux grandes déesses. Certes et sa fille Coré. Un des héros porte un petit porc;» opOttyoptoxoç, destiné au sacrifice expiatoire en l'honneur de Démé-

ter RoupoTp^i^ç.

Dans une seconde frise, placée au-dessous dans la partie la plus renflée de la panse, sont représentés des animaux : des lions, des panthères, des griffons et des chiens, tous dorés ; une guirlande de feuilles de myrte dorées décore le col*.

Pour avoir une idée de l'exquise et surprenante beauté de ce vase, écoutons ce qu'en disait, peu de temps après sa découverte, Raoul Rochette, dans une lettre adressée à M. le professeur Edouard Gerhard : c( C'est un vase de très-grande proportion, à trois anses; à vernis noir, « le plus fin et le plus brillant qui se puisse voir ; il est orné à plusieurs u hauteurs de frises sculptées eu terre cuite et dorées; mais ce qui lui (( donne une valeur inestimable, c'est une frise de figures de & à 5 pouces u de haut, sculptée en bas-relief, avec les têtes, les pieds et les mains u dorées et les habits peints de couleurs vives, bleues, rouges, vertes, du « plus beau style grec qu'on puisse imaginer. Plusieurs têtes dont la K dorure s'est détachée, laissent voir le modelé qui est aussi fin, aussi « achevé que celui du plus beau camée antique*. »

1. Mincrvini, Bull, ardu Xap. nuova série, anno tcrzo 1 855, p. 73 et suiv. et pi. vi. — Compte rendu de la Commission impériale d'archéologie de Saint-Pétersbourg, I86Î, pi. m. — Cf. Élite des monuments céramographiques, t. IIÎ. p. 423 et suiv.

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