‹ Études sur Montaigne, analyse de sa philosophieChapitre 104 sur 175 · DEUXIÈME PARTIE, CHAPITRE XIÏ · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE, CHAPITRE XIÏ

Tanalyse, que des leçons de rexpérience, et, pour tout dire , que des lumières de la raison.

— Il y a moins à se défier d'une philosophie qui doute de tout , que d'une philosophie qui ne doute de rien.

— Ouvrez les livres de l'antiquité ; considérez quel étrange conflit de principes et de doctrines, touchant la nature des dieux et Tessence des causes premières, quel incroyable péle-méle dïmaginations, toutes jadis plus ou moins acceptées, toutes aujourd'hui plus ou moins oubliées; puis, dites-nous ce qu'il vous semble de tout ce tintamarre de cervelles philosophiques, et quelle sainte et robuste croyance vous réservez encore à quelque ingénieux système que ce soit de notre moderne philosophie?

— L'arène philosophique est jonchée des dépouilles de tant de partis , aujourd'hui vainqueurs et demain vaincus , de tous siècles comme de tous pays , qu'il n'y a, ce semble, sage ou fou, personne qui ne fût en droit d'y venir, au besoin , réclamer sa bannière.

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