DE LA MEDECINE
La médecine est une science à la fois si vaste et si conjecturale, une science dont les inductions reposent sur des pronostics si délicats et sur des circonstances si variables , qu'il y a moins lieu de s'étonner des nombreuses contradictions et des erreurs plus fréquentes encore de ses adeptes, que de cette espèce de monomanie qui fait que tant de vrais et faciles croyants détruisent souvent en eux , par Tabus des secours de l'art, jusqu'aux dernières ressources de la nature.
— Voyez les anciens débals de la médecine , et suivez toutes les métamorphoses qu'elle avait déjà subies, avant même qu'elle fut arrivée jusqu'à nous : combien n'est-il pas déplorable qu'une science qui s'occupe des intérêts les plus importants du monde , c'est-àdire des moyens de pourvoir à la conservation de l'espèce humaine, soit précisément, de toutes les connaissances que nous nous enorgueillissions de posséder, la plus sujette à Terreur, au trouble et au changement! En est-il cependant aucune oii nous