‹ Études sur Montaigne, analyse de sa philosophieChapitre 126 sur 175 · TROISIÈME PARTIE, CHAPITRE ÏV · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE, CHAPITRE ÏV

sent leur naissance et bénissent leur mort , et que de certains autres détestent le soleil et adorent les ténèbres, et qu'on sait que, dans telle et telle république, il est reçu en principe et passé en usage, que des sectes entières se condamnent à subir toutes sortes de gênes et de tortures , que réprouvent également les lois du ciel et de la terre , comme s'il y avait quelque grande vertu à se rendre hideux, et quelque vraie gloire à traîner une existence misérable? Qui rechercherait , dans les fastes de l'univers , toutes les opinions erronées et toutes les pratiques monstrueuses cjue l'empire de la coutume a fait adopter, dans tous les siècles, à la plupart des nations, comme leur paraissant provenir des lumières d'une saine raison ou des principes d'une haute sagesse ^ celui-là pourrait entreprendre à bon droit de donner au monde le tableau le plus fidèle , sans contredit, et l'histoire la plus complète des innombrables variétés de la folie humaine.

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