‹ Études sur Montaigne, analyse de sa philosophieChapitre 127 sur 175 · DES LOIS ET DES COUTUMES · texte numérisé non relu

DES LOIS ET DES COUTUMES

Les lois sont une sauve-garde que, pour l'intérêt de leur sûreté commune, les hommes, du moment

OÙ ils se réunissent en société , se voient contraints de demander aux lumières de leur raison contre les aveuglements de leur esprit.

De même que les filets d'eau les moins perceptibles se transforment parfois, à mesure qu'ils s'éloignent de leur source , en des fleuves de plus en plus vastes et de plus en plus majestueux , de même les usages les plus frivoles deviennent souvent, à proportion que la marche du temps contribue à nous en dérober Torigine , des lois de plus en plus saintes et de plus en plus vénérées.

Nous devons obéir aux lois par cela même qu'elles sont lois; mal leur prendrait souvent^ en effet, qu'on recherchât si elles sont justes.

— Il n'y a pas jusqu'aux lois même de la justice , qui, par le besoin de subordonner, en toute occasion, rinlérêt particulier à Tutilité générale, ne se trouvent, à cette cause, plus ou moins entachées d'injustice.

— Les lois et les coutumes, sur l'observation desquelles il est indispensable que , pour lïntérêt de son repos et de sa durée , ton te société prise soit en masse , soit dans chacun des membres qui la composent,

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