‹ Études sur Montaigne, analyse de sa philosophieChapitre 14 sur 175 · DU JUGEMENT · texte numérisé non relu

DU JUGEMENT

Il semble que ce soit plutôt le propre de Tesprit d'avoir son action prompte et soudaine ; et plutôt le propre du jugement de l'avoir lente et mesurée.

La vue de notre jugement se rapporte à la vérité, dit Aristote, comme l'œil du chat-huant se rapporte à la splendeur du soleil.

Il n'y a personne qui ne se montre satisfait de son jugement, et cela vient de ce qu'il n'est donné à qui que ce soit, au moral non plus qu'au physique, de voir au-delà de sa vue.

— Nous abandonnons volontiers; et à chacun selon son droit, toute autre espèce de supériorité; mais, quant au jugement, nous prétendons bien n'en céder l'avantage à personne.

— C'est donner la meilleure preuve de son juge-

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