PREMIÈRE PARTIE, CHAPITRE VII
ment; que de reconnaître qu'on a pu manquer de jugement.
Il n'y a rien qui puisse nous offrir tant et de si merveilleux avantages, pour agrandir et pour éclaircir la vue de notre jugement^ que la fréquentation des hommes et le commerce du monde.
Le monde est un livre où nous devons nous étudier, un miroir où nous ne saurions manquer d'apprendre à nous connaître,
— Ce n'est point choisir la plus vaine et la plus stérile des conditions de ce monde, que d'y demeurer spectateurs attentifs de la vie des autres hommes , afin de juger sur quels modèles il nous est le plus souhai-» table de régler la conduite de notre propre vie.
Rien que d'imparfait ici-bas, et notre jugement et toutes les choses dont il juge : c'est beaucoup, néanmoins, si nous parvenons à reconnaître combien tout ce qui fait Fobjet de la vanité et de la convoitise des hommes, a peu de consistance et de stabilité ; car nous apprenons, delà sorte, à nous tenir doublement en garde contre les atteintes de l'orgueil et de l'ambition.
Celui-là seul mesure les choses selon leur juste grandeur, qui se représente, non pas soi, ni même un royaume, mais la terre prise en son entier, comme un point imperceptible 5 au milieu de ce concours de mondes incommensurables, dont se compose l'ensemble infini de Funivers.
Telle est Texiguité de notre vue intellectuelle, que nous envisageons comme un effet du courroux céleste contre la race humaine, comme le dernier mot de la justice de Dieu sur les crimes de T univers, non pas seulement les calamités plus ou moins durables de notre mère patrie, mais encore lesmalheurs passagers du village que nous habitons.
A nouveaux temps et à nouvelles affaires, nouveaux conseils.