‹ Études sur Montaigne, analyse de sa philosophieChapitre 156 sur 175 · TROISIÈME PARTIE, CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE, CHAPITRE XV

toutefois exceptée; à savoir, la liberté! Ce bien si grand, si précieux, si désirable, que^ pour quiconque en est privé, tous les autres biens perdent leur goût et leur saveur, ils Tabandonnent lâchement à la discrétion d'un seul homme, et souffrent qu'il l'exploite au profit de ses plus mauvaises passions, et au préjudice de leurs intérêts les plus sacrés Peuples idolâtres! ne semblerait-il pas qu'ils ne tiennent si peu de compte de leur franchise, le plus noble des droits, comme le plus utile des bienfaits qu'ils aient reçus de la nature, que parce qu'il leur suffirait de se dire « Nous voulons, w pour la reconquérir? Que leur en coûter ait-il, en effet, pour se soustraire aux insolentes avanies d'un tyran? Une s'agit pour vous, peuples, songez-y bien, que d'être une bonne fois résolus à ne plus servir, et tout aussitôt vous voilà libres ! car, il n'est pas besoin que vous le poussiez ni que vous Tébranliez ; mais, seulement, ne le soutenez plus , et vous le verrez, croulant sous son propre poids, comme un colosse d'argile auquel on a dérobé sa base , fondre en bas tout à coup, et se rompre ! Est, de la B^^.

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