‹ Études sur Montaigne, analyse de sa philosophieChapitre 20 sur 175 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

DE l' IMAGINATION.

L'imagination, que Fliomme considère comme un avantage qui le dislingue essentiellement de tous les autres animaux, mérite peu, néanmoins, qu'il s'enorgueillisse d'un privilège d'où naissent la plupart des maux qui troublent son existence.

Nous n'avons point de faculté qui nous agite plus dans tous les sens ; point qui nous cause, à tort ou à raison, tantôt plus de joies^ tantôt plus de peines; point, en un mot, qui nous porte soit à plus de bien, soit à plus de mal, que Fimaginalion.

Il est vraisemblable que le principal crédit des visions, des enchantements et de tels effets plus ou moins merveilleux, résulte de Tempire de Fimagination, dont la force agit le plus puissamment sur les âmes molles et souples du vulgaire; on lui a si fort saisi la créance, qu'il pense voir ce qu'il ne voit point, et veut

souvent faire voir aux au 1res ce que bien certainement il ne peut voir lui-même.

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