CHAPITRE IL
DE l'homme.
Il n'est donné à la nature humaine de rien goûter de pur, ni de rien créer de parfait. Il ne lui est donné d'éprouver ni de produire bien si grand, qu'il soit exempt de tout mélange de mal. Aussi, l'homme, h le prendre au point mém.e le plus élevé de ses perfections physiques et moraleS; n'est-il, en tout et partout, que rapiècement et bigarrure.
— Une de nos erreurs les plus communes, c'est d'apprécier les hommes, non par les qualités qui leur sont personnelles , mais par les avantages qu'ils tiennent de la fortune : c'est le fourreau que nous estimons, et non répée; c'est le harnois qui nous séduit par son éclat, et non le coursier par sa vigueur et par son adresse.
— Il entre ordinairement plus d'amour-propre que de droit sens , plus d'opiniâtreté que de saine raison , en cela même que les diverses sectes philosophiques s'opposent les unes aux autres ^ comme ce qu'elles tiennent pour le dernier mot de la souveraine sagesse :