‹ Études sur Montaigne, analyse de sa philosophieChapitre 58 sur 175 · M% ÉTUDES SUR MONTAIGNE · texte numérisé non relu

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piîis étrangers; que faute de s'être étudiés, et d'avoir appris à coiiipler sur eux-mêmes.

— C'est avec raison que les philosophes nous renvoient aux règles de la nature. Mais, gardons-nous de l'interroger dans leurs écrits; elle ne nous y apparaîtrait que hautaine, changeante et tyrannique. Si nous la cherchons, si nous la consuUons, que ce soit au dedans de nous-mêmes, où, grands et petits, princes et sujets , nous la trouverons simple, facile, égale enfin pour tous tant que nous sommes ; car noire vie , quelque haut ou quelque bas que nous soyons placés, est toujours une vie que tous les accidents humains regardent. C'est donc en nous , et non pas en autrui, que nous devons apprendre à nous connaître. La nature a pourvu chacun de nous d'assez de prudence , pour qu'il sache à quoi s'en tenir sur toutes les choses dont il peut avoir principalement besoin. Appliquons-nous à rectifier nos erreurs par rétude et par l'expérience de nos propres fautes ; il ne saurait y avoir pour nous d'instruction plus importante et plus profitable.

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