‹ Études sur Montaigne, analyse de sa philosophieChapitre 6 sur 175 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

DE l'aME et du corps.

Point de communauté entre Pâme et le corps, plus d'ensemble chez Phomme, plus d'harmonie , et, partant, plus de dignité.

— La saine philosophie ne s'occupe pas de Phomme moral à Pexclusion de Phomme physique ; elle veut que le sage prenne soin de son corps en même temps que de son âme , qu'il ait Pappétit aussi délicat que le jugement, et que, soumis aux lois de l'humaine condition , il ne se montre pas moins expert et moins entendu dans P usage des voluptés naturelles, que dans Paccomplissement des devoirs quelconques de la vie. C'est aux âmes faibles et incomplètes , que fait plier le fardeau des affaires, de ne pouvoir facilement et les laisser et les reprendre; mais, le relâche sied bien aux âmes fortes et puissantes, et toutes les actions honnêtes honorent également le sage. Permis à Pâme, lorsque le corps est malade, de se tenir à Pécart, afin de se soustraire au danger de la contagion ; mais, autrement, qu'elle l'assiste dans ses plaisirs, et sache s'y complaire, en y apportant au besoin la modéra-

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