‹ Études sur Montaigne, analyse de sa philosophieChapitre 86 sur 175 · DEUXIÈME PARTIE, CHAPITRE YÏIT · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE, CHAPITRE YÏIT

— S'il est un droit, un privilège même qiiïl siérait mal aux hommes de dénier à la vérité, c'est celui de prendre avec eux ses franchises, lorsque les conseils qu'elle leur donne ne sauraient lui être suggérés par aucun sentiment d'intérêt personnel,

— Juger et parler toujours avec toute franchise^ c'est la première vertu des grandes âmes.

Quiconque a la conscience de ce qu'il vaut, doit à la vérité, alors qu'elle Ten requiert, de s'exprimer sans plus de réserve sur son propre compte, que s'il lui arrivait de se prononcer sur le compte d'autrui.

Les préceptes de la vérité n'échauffent et ne stimulent guère plus notre zèle^ que s'ils ne s'adressaient qu'au peuple, et ne concernaient que son intérêt particulier.

Les hommes sont en général si chatouilleux sur le chapitre de leurs vérités, que c'est leur témoigner un dévouement rare et une amitié peu commune, quiconque se hasarde à les leur faire connaître.

— Ne croyez pas un roi qui se fait fort, pour l'intérêt de sa gloire, d'attendre sans broncher la rencon-

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