Î0 ÉTUDES SUR MONTAIGNE
îre de Feniiemi, s'il ne }3eiîl même souffrir, pour Tiiitérêt de son amendemenl;, les paroles de vérité que lui adresse une )30ucîie amie. Or, sïi n'est pas de condition qui réclame à plus de titres que celle des rois, de libres et utiles avertissements, ce n'en est pas moins, vis-à-vis de pareils adversaires^ un rude et périlleux essai que celui de la franchise ; et s'il est vrai encore que ce soit témoigner de leur force et de leur sagesse, que d'accueillir les conseils qui leur viennent de leurs sujets, de combien d'amour et de courage ne font pas preuve, à leur tour, ceux-là mêmes qui entreprennent de les leur faire entendre ?
Il n'y a considération quelconque d'intérêt privée qui suffise pour nous délier de notre serment, lors même que nous l'aurions fait sous l'influence du danger que pouvait courir notre liberté ou notre vie. Le désaveu de nos promesses ne saurait être, à vrai dire, excusable, que dans le cas où nous nous serions engagés, en dépit de notre conscience, à commettre quelque action illicite et déshonorante ; car, les droits de la vertu sont inaliénables, et doivent prévaloir, en tout état decause, sur les droits même de la foi jurée.
— Nul n'a le droit de manquer à sa parole, si ce n'est peut-être un souverain , quand le danger de l'État lui fait un devoir de recourir à ce remède extrêitie. Encore, s'il est homme de bien, aura-t-il plus