‹ Études sur PascalChapitre 132 sur 155 · CONVERSION DU PÉCHEUR · texte numérisé non relu

CONVERSION DU PÉCHEUR

EUe voit que dans Tamour qu'elle a eu pour le monde, elle trouvoit en lui cette seconde qualité, dans son aveuglement; car elle ne reconnoissoit rien de plus aimable. Mais comme elle n'y voit pas la première, elle connoît que ce n'est pas le souverain bien. Elle le cherche donc ailleurs^ et connoissant par une lumière toute pure qu'il n'est point dans les choses qui sont en elle, ni hors d'elle^ ni devant elle^ elle commence à le chercher au-dessus d'elle.

Cette élévation est si éminente et si transcendante, qu'elle ne s'arrête pas au ciel^ il n'a pas de quoi la satisfaire, ni au-dessus du ciel^ ni aux anges, ni aux êtres les plus parfaits. Elle traverse toutes les créatures^ et ne peut arrêter son cœur qu'elle ne soit * rendue jusqu'au trône de Dieu^ dans lequel elle commence à trouver son repos, et ce bien qui est tel qu'il n'y a rien de plus aimable et qui * ne peut lui être ôté par son propre consentement '.

Car enQpre qu'elle ne sente pas ces charmes dont Dieu récompense l'habitude dans la piété^ elle comprend néanmoins que les créatures ne peuvent pas être plus aimables que le Créateur : et sa raison , aidée des lumières de la grâce, lui fait connoitre qu'il n'y a rien de plus aimable que Dieu, et qu'il ne peut être ôté qu'à ceux qui le rejettent, puisque c'est le posséder que de le désirer, et que le refuser c'est le perdre.

Ainsi elle se réjouit d'avoir trouvé un bien qui ne peut

qu'il dare autant qu'elle et qUil ne puisse lui être Ôté que de son consentement,

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