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DlSGOUna »UK L'AMOUR. 407
inoTidatton de passion pour les ébranler et pour les remplir. Mais quand elles commencent à aimer, elles aiment beaucoup mieux.
L'on dit quil y a des nations plus amoureuses les unes que les autres. Ce n'est pas bien parler^ ou du moins cela n'est pas vrai en tous sens. L'amour ne consistant que dans un attachement de pensée, il est certain qu'il doit être le même par toute la terre. Il est vrai que se déterminant autre part que dans la pensée, le climat peut ajouter quelque chose, mais ce n'est que dans le corps.
U est de Tamour comme du bon sens. Comme Ton croit avoir autant d'esprit qu'un autre, on croit aussi aimer de même. Néanmoins quand on a plus de vue. Ton aime jusques aux moindres choses, ce qui n'est pas possible aux autres. Il faut être bien fin pour remarquer cette différence.
L'on ne peut presque faire semblant d'aimer que l'on ne soit bien près d'être amant, ou du moins que Ton n'aime en quelque endroit; car il faut avoir l'esprit et la pensée de l'amour pour ce semblant. Et le moyen de bien parler sans cela? La vérité des passions ne se déguise pas si aisément que les vérités sérieuses.
U faut du feu, de l'activité, et un feu d'esprit naturel et prompt pour la première; les autres se cachent avec la lenteur et la souplesse, ce qui est plus aisé de faire.
Quand on est loin de ce que Ton aime, l'on prend la résolution de faire et de dire beaucoup de choses; mais quand on est près, on est irrésolu. D'où vient cela? c'est que quand on est loin , la raison n'est pas si ébranlée : mais elle l'est étrangement en la présence de Tobjet. Or, pour la résolution, il faut de la fermeté qui est ruinée par l'ébranlement.
Dans l'amour, on n'ose hasarder parce que l'on craint de
tout perdre : il faut pourtant avancer. Mais qui peut dire Jusques où?- L'on tremble toujours jusques à ce que Ton ait trouvé ce point. La prudence ne fait rien pour s'y maintenir quand on Ta trouvé.
Il n'y a rien de si embarrassant que d'être amant et de voir quelque chose en sa faveur sans Toser croire. L'on est également combattu de Tespérance et de la crainte : mais enfin la dernière devient victorieuse de Tautre.
Quand on aime fortement, c'est toujours.une nouveauté de voir la personne aimée. Après un moment d'absence, on la trouve de manque dans son «but. Quelle joie de la retrouver! On sent aussitôt une cessation d'inquiétude.
11 faut pourtant que cet amour soit déjà bien avancé ; car quand il est naissant et que Ion n'a fait aucun progrès. Ton sent bien une cessation d'inquiétude, mais il en survient d'autres.
Quoique les maux se succèdent ainsi les uns aux autres, on ne laisse pas de souhaiter la présence de sa maltresse par l'espérance de moins soui&ir. Cependant, quand on la voit on croit souffrir plus qu'aupaj^vani. I..es maux passés ne frappent plus : les présents touchent, et c'est * siur ce qui touche que l'on juge.
Un amant dans cet état n'est-il pas digne de compassion ? 0
POST-SCniPTUM AU FRAGMENT DE PASCAL SUR L'AMOUR.
Au milieu de l'admiration générale qu'excita ce fragment dès son apparition, et parmi les remercfments qui nous furent adressés des côtés les plus différents parles amis de notre grande littérature, il s'est rencontré de saints person-