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DISCOURS SUR L'AMOUR. 4t9
nages qui, prenant l'épouvante au seul nom d'amour, sans craindre de rappeler un des héros de Molière^ mais bien sûrs de complaire à des inimitiés trop eonnues^ nous ont charitablement accusé de faire de Pascal un mauvais sujet, parce que nous prouvions sans réplique qu'il avait dû connaître l'amour pour l'exprimer de la sorte. Cette pieuse calomnie paraissait à peine qu'en même temps et comme à point nommé M* Gonod mettait au jour les agréables et curieux mémoires de Flécbier sur son séjour à Clermont pendant les aimées 1665 et 1666. Or, dansées mémoires, à Toccasion d'une demoiselle^ qui était la Sapho du pays, se trouvent les lignes suivantes* : «Cette demoiselle étoii aimée par tout ce qu'il y avoit de beaux esprits. Les esprits ont leurs liaisons qui font bien souvent celles du corps. M. Pascal, qui s*est depuis acquis tant de réputation^ et un autre savant, étoient continuellement auprès de cette belle savante. Celuhoi (il s'agit d'un trmsième amoureux) crut qu'il devoit être de la partie^ et qu'on ne pouvoit passer pour helesprit qu'en aimant une dame qui en avoit^ et qui éloit aimée par des gens qui ly^soient pour en avoir. Il prenoit donc le temps que les deux rivaux n'étoient plus auprès d'elle, et venoit faire sa cour après qu'ils avoient fait la leur, croyant qu'il ne falloit jamais laisser une belle sans galant, et lui donner le temps de respirer en repos.» Ainsi parle Fléchier, sur un ton qui ferait frémir aujourd'hui nos dévofs à la mode. M. Gonod prétend qu'il ne peut être ici question de l'auteur des Provinciales et des Pensées; et il en donne cette seule raison que Pascal né à Clermont, et qui l'avait quitté de bonne heure, n'y est vraisemblablement revenu qu'en 1660, lorsqu'il était presque mourant