Voyez pins bas la lettre citée. Rapport, iie partie, etc
S. Fbaghbrtb de PBiLOftOPHis MODEKNB^ de la persécution du cartésianisme»
qui allait rendre un arrêt contre la doctrine de Deacartea. En 1683, dans sa grande controverse avec Halebranche, il rappela souvent son brillant et obstiné adversaire à la scdide méthode et aux principes de leur commun mattre ^ Enfin en 1689, quand parut le livre de Huet contre Descartes, Arnauld traita ce livre avec le dernier mépris*. Jamais dans l'esprit d'AmauId ni le jansénisme ne fit plier la philosophie, ni la philosophie n'altéra le jansénisme. La grâce et la raison y avaient jeté de bonne heure de si profondes racines qu^elless'y soutenaient pour ainsi dire à côté Tune de Tau- Ire, chacune par sa force propre, se rencontrant sans pouvoir s'accorder, comme aussi sans parvenir à se détruire. Arnauld occupe une telle place dans Port-Royal qu'on a étendu naturellement à tous les doctes solitaires ce qui appartient à lui seul. Parce qu'Amauld était cartésien, on en a conclu que tous ces messieurs Tétaient aussi. La conclusion n'est nullement fondée. Si Port-Royal ne put venir à bout du cartésianisme d* Arnauld, il n'est pas moins vrai qu'Amauld ne put séduire Port-Royal au cartésianisme. Il avait beau présenter Descartes sous le manteau de saint Augustin : le philosophe paraissait toujours et épouvantait. Arnauld entraîna Nicole et le duc de Luynes'; mais tout le reste demeura froid ou ennemi. Il faut voir dans Fontaine quel scandale excitait dans la sainte maison ce goût nouveau pour la philosophie^. Sacy en gémissait, et tout le monde pensait comme Sacy. Pendant quelque temps on n'osa pas se plaindre ouvertement. Arnauld possédait une autorité immense; il était prêtre et docteur; il avait été confesseur de Port-Royal; il était l'oncle et le frère des trois