‹ Études sur PascalChapitre 23 sur 155 · A l'occasioiL du coucoiirs ouvert pour Tétoge de PaseaL · texte numérisé non relu

A l'occasioiL du coucoiirs ouvert pour Tétoge de PaseaL

xvii* siècle avec celles qui en circulent aujourd'hui, on demeure confondu de la différence qui les sépare. Où la pensée dans son jet puissant, une logique sévère, une langue jeune et flexible encore, avaient produit une phrase riche, nombreuse, profondément synthétique , l'analyse, qui décompose sans cesse et réduit tout en poussière, a substitué plusieurs phrases assez mal liées. D'abord on avait cru changer seulement la ponctuation, et au bout d'un siècle il s'est trouvé que les vices de la ponctuation avaient insensiblement passé dans le texte et corrompu le style lui-même. Un mot, quelquefois même un tour, c'està dire ce qui caractérise le plus vivement le génie d'un temps et d'un écrivain , ayant paru moins faciles à saisir au premier coup d'œil, pour épargner un peu d'attention et d'étude, on a ôté les tours les plus vrais, les locutions les plus naturelles, pour mettre en leur place des façons de parler qu'on a crues plus simples, et qui presque toujours s'écartent de la raison ou de la passion. Défendus par le rhythme, les poètes ont été un peu plus respectés; et pour* tant, je n'hésite pas à le dire, il y a bien peu de fables de La Fontaine qui soient demeurées intactes dans les modernes éditions^ Mais pour la prose, ne pouvant faire la même résistance, elle a été traitée sans pitié. Où sont aujourd'hui ces longues et puissantes périodes du Discours de la Méthode, semblables à celle de Ginna et de Polyeucte; qui se déroulaient comme de larges fleuves ou comme des torrents mpétueux? On a rompu leur cours, oo les a appauvries en les divisant outre mesure, n appartient à l'Académie française de s'opposer à cette dégradation toujours croissante de dos grands écrivains^ et il lui serait glorieux,

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