Voyes plus bas Lettrei de Poical
2. Voyez, dans Jacqueline Pascal^ ch. vr, p. 28S, une lettre de Jacqueline à sa sœur Gilberte , où elle parle de r humeur bouillante de leur frère. Partout elle le juge avec une indépendance qui n*6tê rien à la tendresse. Dans une autre lettre, en faisant remarq[aer les progrès que Pascal faisait particulièrement en humilité, en soumission, en défiance, en mépris de soi-même, en désir ététre anéanti dans V estime et dans la mémoire des hommes, eUe ajoute ces mots significatifs : de telle sorte que je ne le connoistois plus. Gilberte, madame Périer quoiqu'elle eût beaucoup d'instruction et d'esprit^ et qu'elle fût belle, comme Tavait été Jacqueline, était natn-
Concluons : il est démontré qu1l faut ôter des Pensées proprement dîtes et publier à part :
1" De Pédition de Bossut^ les trois premiers articles : De P autorité en matière de philosophie y Réflexions sur la géométrie en général; De l^art de persuader, traités distincts^ complets et achevés, et probablement écrits avant les Provinciales; Tarticle xii, sur la condition des grands, discours tenus au duc de Roannez et rédigés longtemps après par Nicole; l'article xi^ sur Epictète et Montaigne, qui est une conversation entre Pascal et Sacy^ rédfgée par Fontaine; enfin un bon nombre de paragraphes d'autres articles, qui ne sont point de la main de Pascal , et qui sont des propos tenus par lui et recueillis ou par sa sœur Gilberte, ou par sa nièce Marguerite, ou par Port-Royals ou par d'autres auteurs.
?• De l'édition même de Port -Royal, la Prière pour demander à Dieu le bon usage des maladies; les Pensées sur la mort, extraites d'une lettre à madame Périer sur la mort de leur père, ainsi que la plus grande partie des deux chapitres Sur les miracles et Pensées chrétiennes, débris de la correspondance de Pascal avec mademoiselle de Roannez.
Nous croyons donc avoir établi de la manière la plus irréfragable c^tte proposition, qu'un quart ou peut-être un tiers des Pensées, considérées aujourd'hui comme dei fragments du grand ouvrage de Pascal, sont entièrement étrangères à cet ouvrage, à son plan et à son objet, ne se trouvent point dans le manuscrit autographe, et appartiennent à des époques différentes de sa vie; que plusieurs
rellement douce et humble; elle ne jugeait pas son frère, elle s'était dévouée à son service.
même n'ont jamais été écrites par Inî^ et ne sont que des échos souvent éloignés et toujours affaiblis de oui-dire recueillis souvent à un assez long intervalle par des personnes très diverses.
Nous allons maintenant nous renfermer dans les pensées, qui sont communes à nos deux éditions et au manuscrit autographe^ et nous démontrerons avec une égale évidence qu'ici, où tout est de la main de Pascal^ le grand style de rîncomparable écrivain a été perpétuellement altéré et affuîMiy sans que pourtant on soit parvenu à le faire disparaître; tant Tempreinte primitive était vive et ineffaçable I