‹ Études sur PascalChapitre 41 sur 155 · Cf. P.-R. ch. y; B. S* part, yi · texte numérisé non relu

Cf. P.-R. ch. y; B. S* part, yi

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PENSEES NOUVELLES. t«5

a Mais il y en a qui n'ont pas le pouvoir de B'ernpêcher de songer^ et qui songent d^autant plus qu'on leur défend. Ceux-là se défont des fausses religions^ et de la vraie môme^ s'ils ne trouvent des discours solides (Msc. p. 41 .). b

Ces réserves contre la superstition et une docilité excessive en faveur du besoin et du droit de songer, ainsi que s'exprime Pascal^ lui étaient évidemment suggérées par la nécessité de se défendre contre les jésuites qui parlaient au nom de l'autorité de l'Église, comme les attaques d'une incrédulité superficielle, irritant son humeur bouillante, Ventraînent souvent à avilir la raison devant Tautorité et la foi. La vérité est au milieu, ou plutôt elle embrasse ce qu'il y a de légitime dans Tune et l'autre de ces deux conduites, le ferme maintien des droits de la raison^ alors même qu'on entreprend de la contenir dans de justes bornes, et le respect de la foi, alors même qu'on veut éclairer une docilité excessive et qu'cm attaque la superstition. Pascal, qui a si souvent parlé contre les extrêmes, n'a jamais su s'en bien défendre. Pour atteindre à cette mesure qui est le comble de la difficulté comme aussi de la gloire, il eût fallu que son ardeur naturelle eût été tempérée par l'âge, par l'expérience de la vie, et par des connaissances plus étendues en philosophie et en histoire. Deux hommes seuls, au zvn* siècle^ à la fin et non pas au commencement de ce siècle, à la suite de tant de querelles métaphysiques et théologiques^ arrivèrent à cette sagesse éminente, Bossuet dans l'Église, Leibniz parmi les philosophes. Mais poursuivons^ sans réflexions superflues^ le cours de nos extraits.

(c Qu'il y a loin de la connoissance de Dieu à l'aimer (Msc. p. 489.) !

< L'Écriture a pourvu de passages pour consoler toutes

les conditions^ et pour intimider toutes les conditions. La nature seule avoit fait la même chose par ces deux infinis naturels et moraux; car nous aurons toujours du dessus et du dessous^ de plus habiles et de moins habiles, de plus élevés et de plus misérables^ pour abais3er notre orgueil et relever notre abjection (Msc. p. 41.).

a Grandeur et misère. ■— A mesure qu'on a plus de lumière, on découvre plus de grandeur et de bassesse dans l'homme.

a Le commun des hommes. Ceux qui sont plus élevés.

a Les philosophes : ils étonnent le conunun des hommes.

a Les chrétiens : ils étonnent les philosophes.

« Qui s'étonnera donc de voir que la religion ne fasse que connoitre à fond ce qu'on reconnott d'autant plus qu'on a plus de lumière (Msc. p. 75.) î

<K La foi est un don de Dieu. Ne croyez pas que nous disions que c'est tm don du raisonnement. Les autres religions ne disent pas cela de leur foi ; elles ne donnoient que le raisonner pour y arriver, qui n'y vient point néanmoins (Msc. p. 14'.).

c Dieu s'est servi de la concupiscence des Juifs pour les faire servir à Jésus-Christ.

a La concupiscence nous est devenue naturelle et a fait notre seconde nature ; ainsi il y a deux natures en nous, l'une bonne^ Tautre mauvaise. Où est Dieu? où vous n'êtes pas ; et le royaume de Dieu est dans vous (Msc. p. i *.).

<r Abraham ne prit rien pour lui, mais seulement pour ses serviteurs ; ainsi le juste ne prend rien pour soi du monde et des applaudissements du monde^ mais seulement

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