‹ Études sur PascalChapitre 47 sur 155 · CI-CONTRB · texte numérisé non relu

CI-CONTRB

/Parlons maintenant selon les lumières naturelles. SMt y a un Dieu / il est infiniment incompréhensible , puisque, n'ayant ni parties ni bornes, il n'a nul rapport à nous. Nous sommes donc incapables de connottre ni ce qu'il est ni s'il est. Cela étant, qui osera entreprendre de résoudre cette question? Ce n'est pas nous, qui n'avons aucun rapport à lui.

Qui blâmera donc les chrétiens de ne pouvoir rendre raison de leur créance, eux qui professent une religion doQt ils ne peuvent rendre raison? Us déclarent, en l'exposant au monde, que c'est une sottise, stuUUiamy et puis vous vous plaignez de ce qu'ils ne la prouvent pas! S'ils la prouvoient, ils ne tiendroient pas parole : c'est en manquant de preuves qu'ils ne manquent pas de [sens. Oui, mais encore que cela excuse ceux qui l'of&ent telle^et que cela les ôte du blâme de la produire sans raison, cela n'excuse pas ceux qui la reçoivent ; examinons donc ce point et disons : Dieu est ou il n'est pas. Mais de quel côté pencherons-nous? La raison n'y peut rien déterminer; il y a un chaos infini qui nous sépare; il se joue un jeu à l'extrémité de cette distance infinie, où il arrivera croix ou pile. Que gagnerez-vous? Par raison vous ne pouvez faire ni Tun ni l'autre; par raison vous ne pouvez défendre nul des deux.

Ne blâmez donc pas de fausseté ceux qui ont pris un choix, car vous n'en savez rien. Non, mais je les blâmerai d'avoir fait, non ce choix, mais un choix ; car encore que celui qui prend croix et l'autre (pile) soient en pareille faute, ils sont tous deux en faute : le juste est de ne point parier.

REPRODUCTION DU FAC-SIMILE. tt5

Oui; mais i) faut parier^ cela n'est pas volontairo^ vous êtes embarqué; lequel prendrez-vous donc? Voyons. Puiêqu'il faut choisir, voyons ce qui vous intéresse le moins; Vous avez deux choses à perdre : le vrai et le bieû^ et deut choses à dégager: votre raison et votre volonté^ votre connoissance et votre béatitude; et votre nature a deux choses à fuir, l'erreur et la misère. Votre raison n'est pais plus blessée, puisqu'il faut nécessairement choisir, en choisissant Tun que Tautre. Voilà un point vidé; mais votre béatitude? Pesons le gain et la perte : en prenant croix que Dieu est, estimons ces deux cas. Si vous gagnez, vous gagnez tout; si vous perdez, vous ne perdez rien. Gagez donc qu'il est sans hésiter.

Cela est admirable. Oui, il faut gager; mais je gage peut-être trop. Voyons, puisqu'il y a pareil hasard de gain et dé perte. Si vous n'aviez qu'à gagner deux vies pour une, vous pourriez encore gager; mais, s'il y en avoit trois àgagner, il... (A)

Je le confesse, je l'avoue, mais encore n'y-a-t-il pas moyen de voir le dessous du jeu? Oui, l'Écriture et le reste, etc. Oui, mais j'ai les mains liées et la bouche muette; on me force à parier, et je ne suis pas en liberté; on ne me relâche pas... (6).

(a) Après les mots : mais ^ il y en avoit trais à gagner, il,.*, le signe Cl I I i 3 renvoie à la page 7, commençant ainsi : // faudrait jouer {puisque vous êtes dans la nécessité déjouer).,,, et terminée par ces mots : celle-là Vest. Là le signe ^..^^s^ renvoie à la marge de la page 4 lithographiée : Je le confesse, je Pavoue

(b) Après ces mots : on ne me relâche pas, le signe <1XLE^ renvoie à la page 8 ; <IUI> pas, et je suis fait de telle sorte que je ne puis

croire jusqu'à ces mots : et vous demandez les remèdes. Apprenez de

ceux puis de là on revient à la page 4 lithographiée : Apprenez de

ceux qui ont été liés comme vous

tSe ftEPftODUGTION DU FAG^SIMILE.

Appreoes (les) de ceux qui ODt été Ués comme vous et qui parient auûotanant tout leur bien. Ce sont gens qui savent un cbeoûn que voua voudriez suivre^ et gaéris d'un mal dont vous voulez guérir^ Suives la manière par où ils ont commencé -, c'est en faisant tout cooune s'ils croyoient, en prenant de l'eau bénite, en faisant dire des messes, etc. Naturellement même cela vous fera croire et vous abestinu liais c'est ce que je crains* Et pourquoi! Qu'aves-^oua à perdret

Mais, pour vous montrer que cela 7 mène, c'est que cela diminue les passions qui sont vos grands obstacles, etc.

0 1 ce discours me transporte, me ravit, etc. Si œ dia* cours vous plaît et vous semble fort, sachez qu'il est fait par un homme qui s'est mis à genoux auparavant et après, pour prier cet être infini et sans parties auquel il soumet tout le sien, de se soumettre aussi le vôtre, pour votre propre tnen et pour sa gloire, et qu'ainsi la force s'accorde avec cette bassesse (C).

(c) Au milien de la pag« 4 est un paragraphe de qaatre lignes : On étrit dw obligationt à ceux qui, etc., paragraplie étranger à l'ensemble du morceau.

INFINL RIEN*,

HANUBCBIT AOTOGIAPHI, p. S,

Noire Ame est Jetée dans le coips^ où elle trouve nombre, temps, dimeDsion; elle raisoime là-dessus et appeUe cela nature, nécessité^ et ne peut croire autre clioee.

L'unité jointe à rinflni ne Taugmente de rien, non plus qu'un pied à une mesure infinie. Le fini sV néantit en présence de finilni, et devient un pur néant : ainsi notre esprit devant Dieu; ainsi notre justice devant la justice divine.

Il n'y a pas si grande disproportion entre notre justice et celle de Dieu, qu'entre l'unité et l'inllni^

11 faut que la justice de Dieu soit énorme conmie sa miséricorde : or, la justice envers les réprouvés est moins énorme et doit moins cho*

ÉMTU»i.

(P.-R., ch. vu. Bos8.t«p.iu,4.)

LHmité jointe à l'infini ne Taugmente de rien, non plus qu'un pied à une mesure infinie. Le fini s'a^ néantit en présence de l'infini, et devient un par néant : ainsi notre esprit devant Dieu; ainsi notre justice devant la justice divine.

(P.-R. ch. VII.)

Il n*y a pas si grande disproportion entre l'unité et l*infini qu'entre notre justice et celle de Dieu.

(P.-R. ch.xxviii.B. «• p. XVII, es.)

// ett de Fessence de Dieu que sa justice soit infime aussi bien que sa miséricorde. Cependant sa justice et sa sévérité envers les ré-

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