M. Rebergœ
que je pense jamais à y manquer : c^est la grftce que je 'lui demande de tout mon cœur, t
Ici s'arrête le mémoire de Marguerite Périer dans nos tÊois manuscrits. Mais dans le ms 397^ qui est de la main du père Guerrier^ celui-ci a ajouté ces deux notes :
a Mademoiselle Périer mourut hier^ 14 avril 173â^ à dit heures du soir^ ftgée de 87 ans et 9 jours. »
a J'ai copié tout ceci sur le ms. de mademoiselle Périer; tnais j'en ai bien passé la moitié au moins tantôt sur un article^ tantôt sur un autre. Au reste^ j'ai transcrit fidèlelilent tout ce que j'ai écrite portant le scrupule jusqu'à ne Vouloir pas corriger quelques fautes de style qui pourroient fadlement être réformées.
a Mademoiselle Périer m'a dit qu'elle avoit 41 ans^ lorsque sa mère mourut^ et sa sœur en avoit plus de 43. Gependànl^ à cet âge, ni l'une ni l'autre n'osoit sortir sans être accompagnée de leur mère, pas même pour aller à la messe; La sévérité de madame Périer étoit telle que si quelqu'une de ses filles étant avec elle disoitun mot à quelques amies qu'elle rencontroit dans les rues^ il falloit aussitôt en rendre compte à leur mère qui demandoit avec un ton sec ée qu'elle avoit dit. d
Enfin le ms. de la Bibl. royale, m 1485^ contient cette conclusion :
a Mademoiselle Périer a donné dés preuves de son amour persévérant pour la vérité jusqu'au dernier soupir de sa vie, comme on le peut voir dans les Nouvelles ecclésias^ tiques, du 20 mars 1733.
« Mademoiselle Périer a fait, en différents temps, de longs séjours à Paris, où elle étoit l'admiration des gens d'esprit et la consolation des gens de bien. Elle y avoit heaudôup de connoissances et quantité d'amis et d'amies, ce
ftSB DOCUMENTS INÉDITS.
qui lui en rendort le séjour très agréable. Elle le qirilta tout-à-fait en 4695, après la mort de mademoiselle sa sœur^ pour se rendre auprès de M. son frère^ alors doyen de Saint-Pierre, qui se trouvoit seul^ pour lui tenir compagnie et avoir soin des affaires dom^estiques. Elle restoit au commencement à Bien-Assis^ qui est la plus belle et la plus agréable maison de plaisance qu'il y ait aux environs de Clermont; mais elle ne souffrit pas qu'il s'y fît la moindre partie de plaisir. Elle avoit un carrosse pour aller et venir en ville; mais elle se défit de sa maison et de son équipage ; et le grand H6tel-Dieu de Clermont manquant de gouvernante^ elle s'offrit à MM. les administrateurs pour remplir cet emploi. Ses offres furent acceptées; elle se sépara d'avec M. son frère pour aller rester dans cet hôpital; mais sa santé qui s'affoiblissoit beaucoup ne lui permit pas d'y faire un long séjour. Elle retourna avec M. son frère qui avoit été nommé chanoine à la cathédrale; ils achetèrent une maison proche cette église, où ils vivoient l'un et l'autre dans une grande simplicité. Mademoiselle Périer étoit toujours vêtue en noir d'étoffes les plus communes; ses meubles étoicnt très simples ; ils n'avoient entre eux qu'un valet qui avoit soin de leur bien de campagne, et deux ou trois servantes qui vivoient, comme leur maître et maîtresse, dans la piété; elles ne portoientpas de coëffes noires, mais des cornettes blanches. Elle en avoit gardé une près de cinquante ans, qu'elle avoit menée avec elle de Paris, et qui lui a survécu.
a Mademoiselle Périer, quelques années avant sa mort, devint percluse de ses jambes, ce qui l'obligeoit de garder la maison, ne sortant que les fêtes et dimanches, portée dans une chaise pour aller à la cathédrale, entendre la sainte messe et y faire ses dévotions. Elle restoit le jour
VIE DE PASCAL Si»
sur 8GD séante sur un canapé où elle s^occupoit de la prière et de la lecture^ elle ne voyoit guère que des gens de bien qui étoient toujours charmés de sa conversation; elle a conservé son esprit et sa mémoire qu'elle avoit excellente jusqu'à la fin de ses jours; elle a fait^ par testament, les pauvres de Tbôpital général de Clermont^ ses héritiers. On peut dire d'elle qu'elle est morte in seneciute bona^ plena dierum. »