‹ Études sur PascalChapitre 63 sur 155 · VIE DE PASCAL. S · texte numérisé non relu

VIE DE PASCAL. S

tées par Marguerite Périer sur le témoignage de ce même M. Amoul.

a Ibid.f page 6. H. Pascal avoit des adresses merveilleuses pour cacher sa vertu, et particulièrement devant les gens du commun; en sorte qu'un homme dit un jour à M. Amoul qu'il sembloit que M. Pascal fût toujours en colère et qu'il vouloit jurer (ce qui est assez plaisant), mais qu'il ne seroit pas bon à écrire. M. Amoul ajoutoit que quand on demandoit conseil à M. Pascal^ il écoutoit beaucoup et parloit peu. »

a Page 7. M. Pascal étant allé voir M. Amoul à Saint- Victor avec le duc de Roannez, vit entrer fort confusément un troupeau de moutons ; il demanda à M. Amoul s'il en devineroit bien le nombre. Celui-ci ayant répondu que non, il lui dit tout d'un coup en comptant en un moment sur ses doigts qu'il y en avoit' quatre cents. M. de Roannez demanda à celui qui les conduisoit combien il y en avoit; il lui dit quatre cents*.»

a Quand M. Quesnel, frère du P. Quesnel, eut fait le portrait de M. Pascal ^^ qui étoit mort depuis plusieurs années, on montra ce portrait à un grand nombre de personnes qui Tavoient connu. Tous le trouvèrent parfaitement ressemblant. On le fit voir à un horloger de Paris qui avoit travaillé assez souvent pour lui, et on lui demanda s'il

1. Ces témoignages de M. Amool sur Pascal se retroayent dans le Ms. de la Bibliothèque royale^no 897, p. 191, et dans celai de la Maza- Tine, p. 865, et ils y sont donnés comme extraits d'nn mamuerit anonyme de la Bibliothèque des pères de V Oratoire, de Clermont,

2. C'est le portrait^ si admirablement gravé par Edelinck, qni est dans Perranlt et de là a passé partout. Bossut nous apprend qne de son temps l'original était en la possession de M. Guerrier de Besance, maître des requêtes , celui qui a donné à la Bibliothèque royale le msc. des Pensées. Voyez plus haut» p. 114.

reconnoissoit ce portrait. C'est, dit rouvrier, le portrait d'un monsieur qui venoit ici fort souvent faire raccoiiuuoder sa montre, mais je ne sais pas son nom. o

On trouve dans notre manuscrit des additions pour le IS'écrologe de Porl-Royal, qui renfennent des détails curieux sur Pascal que le Recueil d'Utrecht a fait connaître incomplètement. Voici ce fragment intéressant que donne aussi le Msc. de la Bibliothèque royale, n" 397, et celui de la Mazarine.

Noie à la page 59"% ligne 48, de la préface. » a Ce fut M. Pascal qui attaqua la morale des jésuites en 1656, et voici comment il s'y engagea. Il étoit allé à Port- Royal-des-Champs pour y passer quelque temps en retraite, comme il faisoit de temps en temps. C'éloit alors qu'on travailloit en Sorbonne à la condamnation de M. Amauid, qui étoit aussi à Port-Royal. Lorsque ces messieurs le prèssoient d'écrire pour sa défense et lui disoient : Estrce que vous vous laisserez condamner comme un enfant sans rien dire? il donna un écrit qu'il lut en présence de tous ces Messieurs qui n'y donnèrent aucun applaudissement. M. Arnauld, qui n' étoit pas jaloux de louanges, leur dit : Je vois bien que vous trouvez cet écrit mauvais, et je crois que vous avez raison; puis il dit à M. Pascal : Mais vous qui êtes jeune*, vous devriez faire quelque chose. M. Pascal fît la première lettre, la leur lut; M. Arnauld s'écria : Cela est excellent; cela sera goûté; il faut le faire imprimer. On le fit; cela eut un succès que l'on a vu : on continua. M. Pascal, qui avoit une maison de louage dans Paris, alla se mettre dans une auberge à renseigne du Roi David, rue tl(?s Poiriers, pour continuer cet ouvrage. 11 étoit connu

i. Rociieil de Marg. Périer: vous qui, êtes caneux.

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