‹ Études sur PascalChapitre 64 sur 155 · VIE DE PASCAL · texte numérisé non relu

VIE DE PASCAL

dans cette auberge sous un autrfe noni^; c'était tout vis-àvis le collège de Glermont^ qu'on nomme à présent Louisle-Grand. M. Périer^ son beau-frère, étant allé à Paris dans ce teinps^Ià; alla se loger dans cette même auberge^ comme un homme de province, sans faire connoitre qu'il étoit son beau-frère. Le P. de Frétât^ jésuite, son parent et parent aussi de M. Pascal, alla trouver M. Périer, et lui dit qu'ayant llionneur de lui appartenir^ il étoit bien aise de l'avertir qu'on étoit persuadé dans la Société que c'étoit M. Pascal^ son beau-frère, qui étoit l'auteur des petites lettres contre eux qui couroient Paris, qu'il devoit l'en avertir et lui conseiller de ne pas continuer parce qu'il pourroit lui en arriver du chagrin. M. Périer le remercia, et lui dit que cela étoit inutile, et que M. Pascal lui répondroit qu'il ne pouvoit pas les empêcher de l'en soupçonner; parce que, quand il leur diroit que ce n'étoit pas lui, ils ne le croiroient pas, et qu'ainsi s'ils vouloient Ten soupçonner il n'y avoit pas de remède. Il se retira là-dessus^ lui disant toujours qu'il falloit l'en avertir, et qu'il y prit garde. M. Périer fut fort soulagé quand il s'en alla; car il y avoit une vingtaine d'exemplaires de la septième ou huitième lettre sui son lit qu'il y avoit mis pour sécher; mais les rideaux étoient tirés, et heureusement un frère que le Père de Frétât avoit mené avec lui et qui s'étoit assis près du lit ne s'en aperçut pas. M. Périer alla aussitôt en divertir M. Pascal qui étoit dans la chambre au-dessus de lui et que les jésuites ne cFoyoient pas être si proche d'eux.

a En 1732, le 27 février, mademoiselle Périer raconta à un de ses amis que^ M. Pascal, son oncle^ avoit un laquais,

1. Sons celui de M. de Mons; voyez plus haut la note 1 de la p. 31î.

2. Le Ms. de la Bibliothèque royale n» 897, qui, comme nous Tavons

Dommé Picard, très fidèle, ^ui savoit qne son mattre composoit les Lettres provinciales; c'étoît lui qui pour Tordinsire en portoSt les manuscrits à M. Fortin, principal du collège d'Harcourty qui avoit soin de les faire imprimer. On assure qu'elles ont été imprimées dans le collège même.

« Elle a assuré au même* que messieurs les curés de Paris avoient accoutumé dans ce temps-là de s'assembler tous les mois, et qu'à Toccasion des Lettres provinciales et de TApologie des casuistes, ils proposèrent de demander la condanmation de la morale relâchée, et de nommer quelqu'un de leur corps pour écrire contre. Personne ne paroissoit fort disposé à se charger de cette commission; mais M. Fortin, homme fort zélé, qui connoissoit particulièrement M. Mazure, curé de Saint*Paul, lui persuada d'accepter cet emploi, lui promettant de faire composer ces écrits par des personnes très habiles. En efiet, M. Fortin s'adressa à MM. Amauld, Nicole et Pascal, qui sont auteurs des écrits qui ont paru sous le nom de messieurs les curés de Paris. Depuis ce temps-là, il fut défendu aux curés de Paris de s'assembler tous les mois, comme ils avoient accoutumé auparavant. »

Ainsi, d'après le témoignage de Marguerite Périer, c'est un principal d'un collège de l'Université qui, malgré les défenses les plus rigoureuses de l'autorité, osa faire imprimer les Provinciales y et les imprimer dans son propre collège, le collège d*Harcourt. L'Université ne devait pas moins à celui qui ne craignait pas d'attaquer ses anciens et éternels ennemis. Un Amauld avait, au commencement du

déjà dit, est de la main du P. Guerrier, et le Ms. de la Mazarine eD grande partie copié sur le précédent : mademoiselle Périer m*a dit

enijourcthui Ï7 février 1 732, que

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