‹ Études sur PascalChapitre 97 sur 155 · P. R. reprend icL · texte numérisé non relu

P. R. reprend icL

5. A propos de la mort d'Etienne Pascal, donnons id son éptta^e que nous fournit le manuscrit de la BihlioUièque du Roi^ fonds

(Oratoire, a* 160 ( S* et <• caMers)^ arec ce titre : Extraiii de quelques lettres de M. Pascal çu plutût deM.de aaint-Cyran. — ReooeU de Marguerite Pôrier, p. 26, arec ce titre : Extraits de quelques lettres de M, Pascal à Mademoiselle de Roannez. Ces lettres ne sont pas da* tées dans nos manuscrits, mais elles sont incontestablement de 1656 à 1657. )

f LETTREE

Pdnr répondre à tous vos articles^ et bien écrire malgré mon pen de temps.

Je suis ravi de ce que vous goûtez le livre de M. de La-

de rCHatoire n« 166^ et où la main de Biaise Pascal est manifieste.

« Ci-git, etc., illustre par sou grand savoir qui a été reconnu des savants de toute l'Europe j plus illustre encore par sa grande probité (jn'il a exercée dans les cbarges et les emplois dont il a été honoré; mais beaucoup plus illustre par sa piété exemplaire. Il a goûté de la bouue et de la mauvaise fortuoe, afin qu'il fût reconnu en tout pour co qu^il était. Ou Ta vu modéré dans la prospérité et patieiit dans l'adversité. Il a eu recours à Dieu dans le malheur, et lui a rendu grâces dans le bonheur. Son cceux a été tout entier à son Dieu, à son Roi, à sa famille et à ses amis. Il ^ a eu du respect pour les grands et de Tamour pour les petits; et il a plu à Dieu de couronner toutes les grâces de la nature, qu'il lui avoit départies, d'une grâce divine qui a fait que son grand amour pour Dieu a été le fondement, le soutien et le comble de toutes ses autres vertus.

Toi qui vois dans cet abrégé la seule chose qui nous reste d'une si belle vie, admire la fragilité de toutes les choses présentes ; pleure la perte que nous avons faite; rends gloire à Dieu d'avoir laissé quelque temps à la terre la jouissaoce de ce trésor ; et prie sa bonté de combler de sa gloire étemelle celui qull avoit comblé ici bas de plus de grâces et de vertus que Téteudue d'une épitaphe ne permet d'en écrire.

Ses enfants accablés de douleur ont fait poser cette épitaphe en ce lieu, qu'ils ont composée de l'abondauce du cœur pour rendre hommage â la vérité et ne paroitre pas ingrats envers Dieu. »

i . Voyez sur ces lettres Rapport, p. 145-162.

val * et les Méditations sur la grAce. J'en tire de grandes conséquences pour ce que je souhaite *.

Je mande le détail de cette condamnation * qui vous avoit effrayée; cela n*est rien du tout^ Dieu merci; et c'est un miracle de ce qu'on ne fiiit pas pis^ puisque les ennemis de la vérité ont le pouvoir et la volonté de l'opprimer. Peut-être ôtes-vous de celles qui méritent que Dieu ne l'abandonne pas et ne la retire pas de la terre qui s'en est rendue si indigne; et il est assuré que vous servez TÉglise par vos prières^ si l'Église vous a servi par les siennes. Car c'pst l'Église qui mérite avec J.-C, qui en est inséparable^ la conversion de tous ceux qui ne sont pas dans la vérité; et ce sont ensuite ces personnes converties qui secourent la mère qui les a délivrées *. Je loue de tout mon coeur le petit zèle que j'ai reconnu dans votre lettre pour l'union avec le pape '. Le corps n'est non plus vivant sans le chef^ que le chef sans le corps; quiconque se sépare de l'un ou de l'autre n'est plus du corps et n'appartient* plus à J.-C. Je ne sçais s'il y a des personnes dans l'Église plus attachées à cette unité du corps que le sont ceux que vous appeliez nôtres *. Nous sçavons que toutes les vertus, le martyre, les austérités et toutes les bonnes œuvres sont inutiles hors de TÉglise et de la communion du chef de l'Église

1. Pseudonyme sons lequel le dnc deLnynes a publié divers ouTrages de dévotion.

3. Il souhaitait qu'elle entrât en religion, au lieu de se marier. 8. La condamnation de M. Arnauld.

4. Port-Royal et les éditions subséquentes donnent cette pensée, depuis, (fest r Église qm mérite avecJ,'C., jusqu'à la mère qui les a délivrées. Au lieu de : dans la vérité. Port- Royal : dans la véritable religion.

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